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Publié : 26 août 2010
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5e - Le masque (Arts du spectacle vivant, arts du langage et arts visuels)

Mis à part les masques africains où trouve-t-on encore des masques qui cette fois n’ont pas toujours une fonction religieuse ?
(Les masques de carnavals, masques de Venise, masques du héros, Zorro, Spider-man,
Batman, ou du méchant, Le Bouffon Vert, Fantômas mais aussi dans le théâtre, le théâtre
de l’Antiquité mais aussi dans le théâtre japonais : Le théâtre Nô.

Projection de 4 masques du théâtre Nô


I- Découverte des œuvres sur le plan formel

Ces 4 masques sont projetés sans légende.

a) Quelles sont les différences de ces masques avec les masques africains ?

Ils montrent de façon efficace des visages humains.
Ils sont peints, laqués ou polis et lises, ils sont plus réalistes et enfin ils montrent de
manière évidente une expression ou un sentiment.

b) Retrouvez pour chacun des masques son titre :
- Le vieillard
- le démon
- le jeune homme
- l’esprit

c) Quels moyens utilise l’artiste pour nous permettre de reconnaître ces personnages ?

Il accentue les expressions en les caricaturant légèrement et il donne des formes
spécifiques à la bouche, aux sourcils aux yeux.
Le vieillard : Beaucoup de rides, ajouts de poils et yeux plissés.
Le démon : Visage large, yeux exorbités et globuleux, sourcils sévères remontés et
bouche fermée vers le bas montrant du mécontentement, de la menace ou de la
brutalité.
Le jeune homme : Un visage assez neutre et lisse, bouche entre-ouverte, un pli entre les 2 sourcils indiquant une légère tristesse.
L’esprit : Visage blanc, traits anguleux, yeux triste et bouche vers le bas, l’esprit semble
perdu errant parmi le monde des vivants ou tourmenté par les enfers à cause de ses
erreurs du passé.

A quoi peuvent bien servir ce type de masque et qui les portent ?

Les acteurs du théâtre Nô, depuis le XIIIe siècle. Cette forme de théâtre est jouée par
des acteurs qui se transmettent de père en fils cet art dramatique. Les masques
sculptés dans du bois de cyprès imitent des masques plus anciens, aujourd’hui disparus
ou bien conservés dans la maison du Nô au Japon. Chaque masque renvoie à un
personnage célèbre et connu qui revient parfois d’une pièce à l’autre.

Prises de notes dans le cahier d’Arts Plastiques :

Il existe 5 types de masque dans le Théâtre Nô : le jeune homme , la femme, l’esprit, le
vieillard et le démon.

La lenteur des mouvements et la somptuosité des costumes très élaborés permettent à
l’acteur de communiquer des émotions sous l’aspect inchangé du visage, mais tous les
acteurs ne portent pas des masques dans cet art dramatique. Tout est très codifié et
basé sur des conventions très anciennes.

II - Dispositifs pour situer l’œuvre dans son contexte historique, culturel et artistique :

Regards sur les mondes lointains : Chine et Inde et Inde classique
( Mahâbhârata ) en Histoire/Géographie.

III - Pistes en Français (Arts du langage)

Objectifs et pré-requis : Après une séquence sur une lecture complète d’une pièce de
théâtre au programme de cinquième, qui aura mis en place les enjeux du texte théâtral, le vocabulaire spécifique du théâtre, la notion de personnage, la définition de la comédie et l’étude de ses origines… On pourra proposer ce travail qui permettra d’aborder les problèmes posés par représentation du texte théâtral, de l’antiquité jusqu’au XVIIe siècle.

1. Pour entrer dans la séquence étudier les texte de Jean Chrysostome qui explique le
rôle des masques au théâtre. Appréhender ainsi le phénomène de l’illusion théâtrale,
se familiariser avec le vocabulaire spécifique du théâtre (rechercher notamment
l’origine du mot « acteur » ...).

Texte :
A la mi-journée, arrivent de nombreux acteurs pour jouer un rôle ; ils portent des masques et ils récitent une histoire ancienne qui raconte des problèmes. L’un devient un philosophe alors qu’il ne l’est pas. L’autre devient un médecin parce qu’il s’enveloppe d’un manteau de médecin. Le troisième devient esclave, alors qu’il est un homme libre. Le quatrième devient professeur alors qu’il ne sait même pas lire ! En effet, l’acteur a l’air d’un médecin alors qu’il ne l’est pas. Il a l’air d’un philosophe parce qu’il porte sur son masque la barbe des philosophes. Il a l’air d’un soldat parce qu’il s’est enveloppé dans un costume de soldat. La vue d’un masque nous trompe et transforme la vérité. Tant que les spectateurs sont assis, les masques demeurent. Quand le soir tombe, que le théâtre se vide, que tous rentrent chez eux, les masques tombent, l’illusion s’éloigne, la vérité se montre.

Saint Jean Chrysostome, Sixième Homélie sur le « Lazare », traduit par C. Bertagna

Questionnaire :

- A quel moment de la journée commence la représentation ?
- A quel moment se termine-t-elle ? Pourquoi à votre avis ?
- Rechercher un plan de théâtre antique et donnez la définition de chacun des
éléments qui le constitue.
- Qu’appelle-t-on un accessoire au théâtre ? Quel est celui que cite l’auteur à plusieurs
reprises ? Rechercher quelques représentations de masques et décrivez-les.
- Les origines du mot « acteur » : en grec, l’acteur se disait « l’hypocrite », expliquez le
glissement de sens qui s’est fait en français. Le mot « acteur » vient du verbe latin
ago, is, ere, egi, actum qui signifie agir, mener, faire. Recherchez les différentes
significations de ce mot et donnez-en d’autres mots de la même famille.

Eléments de réponse tirés du dictionnaire encyclopédique Larousse :
Quelle que soit l’époque, le masque de théâtre crée des conditions de jeu particulières,
fondées sur les mouvements corporels. En éclipsant la physionomie de l’acteur et en
interdisant les mimiques, il enlève au personnage une partie de sa réalité physique ; il
introduit une forte stylisation.
Le théâtre antique a toujours utilisé le masque, fixé selon les genres et les types (dieux, rois, héros, prêtres…). On en a compté jusqu’à 76, dont 28 pour la tragédie. Il fut aussi un accessoire indispensable pour jouer les rôles féminins et pour identifier certains personnages (vieillard, esclave…).
Le masque a tenu une place capitale dans la commedia dell’arte, où il était un attribut et presque un portrait des personnages types. C’est ainsi qu’il est passé en France, où des personnages de Molière jouèrent sous le masque. Provisoirement abandonné au XIXe siècle, il a retrouvé son intérêt toutes les fois où des acteurs se sont efforcés de retourner aux sources du jeu, sous l’influence notamment de J. Copeau.
Au Japon, le masque, réaliste ou expressionniste, est essentiel à la dramaturgie du .

2. Puis partir d’un groupement de farces et fabliaux du Moyen Age adaptés pour le
théâtre. Il existe un ouvrage qui s’intitule ainsi chez L’école des lettres Classiques.
3. Faire un travail de repérage des différents personnages qui sont stéréotypés, définir
leurs traits de caractère majeurs et écrire leur portrait.
4. Un travail sur des expressions devenues idiomatiques qui utilisent des comparaisons
pourra aider les élèves à élaborer des images autour de ces personnages dont ils
devront bientôt imaginer le masque.

Exercice : Retrouver la suite des expressions suivantes et expliquez la comparaison :

a. Rusé comme …
b. Gai comme …
c. Malin comme …
d. Blanc comme …
e. Muet comme …
f. Doux comme …
g. Bavard comme …
h. Rapide comme …
i. Rouge comme …
j. Pleurer comme …

Avec les élèves :
Chaque groupe d’élèves choisit à l’aide du documentaliste ou du professeur de lettres une
farce ou un fabliau.
Ils en font une lecture et une courte explication.
Ils en repèrent les grandes étapes, les principaux personnages et distribuent les rôles. Ils
réfléchissent à une mise en scène simple en pensant au décor, aux accessoires et surtout
aux masques qui reprendront les caractéristiques du personnage (humain ou animal ; traits
de caractère principaux ; rôle).
Enfin après une réflexion sur la nécessité du langage corporel lorsqu’on joue masqué,
chaque groupe présentera son travail dans une mise en scène maîtrisée qui privilégiera le
jeu avec les masques.

Bibliographie :
- La farce de maître Pathelin, L’école des lettres, classiques
- Fabliaux du Moyen Age adaptés pour le théâtre, L’école des lettres, classiques
- Farces et fabliaux du Moyen Age adaptés pour le théâtre, L’école des lettres,
classiques

Art visuel et lecture d’image

Document 1 : Arlequin du XVIIème , Maurice Sand, 1862

Document 2 : Adrien Tornachon, Nadar, 1854-1855

Document 3 : Les trois musiciens, Pablo Picasso, 1921

Document 4 : Arlequin et Pierrot, André Derain, 1924

Document 5 : Pierrot, dit autrefois « Gilles »,Watteau, vers 1718-1719

Questionnaire :
- D’après ces documents, décrivez les costumes d’Arlequin et Pierrot, deux
personnages de la commedia dell’arte. Quelles sont les différences
remarquables ?
- Classez ces documents chronologiquement. Dites s’il s’agit de photo, de
gravure ou de peinture.
- Comment Watteau décrit-il son Pierrot ? qualifiez-le avec deux ou trois adjectifs
et expliquez.
- Nadar et Watteau présentent-ils le personnage de la même façon ? Donnez les
principales différences, intéressez-vous notamment à l’attitude du personnage,
ses expressions…
- Quelles sont les caractéristiques du personnage d’Arlequin ? De son
costume ?
- Dans les documents 3 et 4 :

  • repérez les personnages de Pierrot et Arlequin. Grâce à quoi les avez-vous reconnu ? Quels liens implicites les deux peintres font-ils avec le monde du théâtre ?
  • Comment ces deux artistes parviennent-ils à nous donner l’illusion que leurs personnages portent des masques ? Expliquez les différences de style.
  • Quel tableau vous paraît joyeux ? Mélancolique ? Pourquoi ?
  • Pourquoi, à votre avis, ces personnages originels du théâtre ont-ils tant inspiré les artistes de toute période ? Quelle est la poésie qui se dégage d’eux ?


- Expression écrite : Choisissez un des documents et faites le portrait du (des)
personnage(s) représenté(s) en nous faisant entendre un monologue intérieur.