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Publié : 5 juin 2010

4e - Une séquence Histoire des Arts liée à l’Impressionnisme

Une séquence Histoire des Arts liée à l’Impressionnisme

Séquence d’Histoire des Arts


Niveau : 4ème


Thématique : « Arts, techniques, expression »


Piste d’étude : L’œuvre d’art et l’influence des techniques


Période historique : XIXe siècle

L’Impressionnisme

Introduction

Dates : 1874 (première exposition impressionniste) à 1886 (dernière exposition).

L’Impressionnisme est un mouvement pictural qui trouve des échos en littérature et en musique porté par la volonté de traduire des impressions, des émotions.

Il tire son nom de ce tableau de Claude Monet intitulé

Impression, soleil levant, 1873

[/(huile sur toile, 48x63 cm)/]

Ces artistes opèrent une rupture avec l’art officiel de l’époque appelé Art Académique, ou Art Pompier.
Voici deux exemples d’art académique (sujet classique déjà traité, peinture sans aspérité ni épaisseur…) :

Alexandre Cabanel, La naissance de Vénus, 1863

William Bouguereau, La naissance de Vénus, 1879

[/300x217cm/]


Claude Monet lui-même commença à peindre sans surprise, de manière classique pour l’époque.

Claude Monet, Nature morte au faisan, 1861

Plusieurs raisons ont incité les peintres à se détacher du groupe de peintres contemporains.

  1. 1. La posture du peintre : Ils sortent des ateliers pour peindre « sur le motif », en extérieur. Attitude rendue possible par l’invention du tube de peinture en étain, vers 1840, et par le développement du chemin de fer qui leur donne une plus grande liberté de mouvement et une mobilité.
  1. 2. La technique : La peinture se montre en tant que matière : la touche du pinceau s’affirme, elle ne disparaît plus pour donner l’impression d’une peinture « photographique », léchée. L’invention de la photographie (1829) mais surtout la vulgarisation de l’appareil photo vers 1850 font que la peinture peut se libérer de son aspect technique réaliste.

Nadar par lui-même, 1854

Alfred Sisley, L’inondation à Port-Marly, 1876

Le point de poésie est le ciel et les reflets du ciel et de la maison ont été très travaillés.

  1. 3. La science au service de la peinture : Les Impressionnistes s’intéressent beaucoup aux théories des couleurs : le mélange optique dans l’œil va remplacer le mélange des pigments sur la palette (surtout chez les néo-impressionnistes). La couleur, chez ces peintres, accédait à la primauté des moyens de création. C’est par la juxtaposition des couleurs pures en touches fragmentées qu’ils voulaient arriver à créer ce qui jusqu’alors était attendu uniquement du dessin : la composition, le volume, la perspective, la traduction des émotions. Les impressionnistes étaient nés.

Ainsi, chaque surface peinte est une surface colorée (l’ombre n’est plus noire et les blancs ne sont plus purs).

Alfred Sisley, La place du chenil à Marly-le-Roy par temps de neige, 1876

Variations atmosphériques et neige colorée par la diffraction de la lumière.

Claude Monet, La Pie, 1869

  1. 4. Les thèmes : Arts plastiques / Peinture : ils peignent des paysages et des petits moments insignifiants de la vie (mais toujours agréables), des moments furtifs, ainsi que les éléments du monde moderne (usines, machines, gares) et surtout, comment la lumière agit sur notre vision du monde, alors que l’art académique peignait des scènes historiques, mythologiques ou religieuses.

Robert Pinchon, Le Pont aux Anglais

Claude Monet, Gare Saint Lazare, 1877

Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, arrivée d’un train, 1877

Gustave Caillebotte, Le Pont de l’Europe, 1876

Littérature : Flaubert, Madame Bovary, 1857
Zola, La Bête Humaine, 1890

Extrait de La Bête humaine de Zola : « C’était impasse d’Amsterdam, dans la dernière maison de droite, une haute maison où la Compagnie de l’Ouest logeait certains de ses employés. La fenêtre, au cinquième, à l’angle du toit mansardé qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchée large trouant le quartier de l’Europe, tout un déroulement brusque de l’horizon, que semblait agrandir encore, cet après-midi-là, un ciel gris du milieu de février, d’un gris humide et tiède, traversé de soleil.
En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s’effaçaient, légères. A gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches géants, aux vitrages enfumés, celle des grandes lignes, immense, où l’œil plongeait, et que les bâtiments de la poste et de la bouillotterie séparaient des autres, plus petites, celles d’Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture ; tandis que le pont de l’Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée, que l’on voyait reparaître et filer au-delà, jusqu’au tunnel des Batignolles. Et, en bas de la fenêtre même, occupant tout le vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s’écartaient en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. Les trois postes d’aiguilleur, en avant des arches, montraient leurs petits jardins nus. Dans l’effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle.
 »

Musique : Debussy / Ravel

Histoire-Géographie : ponts, gares, structures métalliques, avènement de l’ère industrielle.

  1. 5. Ouverture sur le champ contemporain :

François Morellet, Lightly n° 4, 2006

[/série des « démonétisations »/]


Les « démonétisations » constituent un clin d’œil aux « défigurations ». Elles ont été mises en œuvre à l’occasion de la présentation au musée d’Orsay, dans le cadre du programme « Correspondances » en 2006-2007, d’une série de transcriptions ou décantations en tubes néon parallèles des Cathédrales de Rouen de Monet. La démonétisation rouennaise introduit un jeu de nuances lumineuses par l’utilisation de tubes coudés : l’intensité lumineuse est plus forte dans la partie où le néon se détache du support, et qui correspond au ciel. La cathédrale apparaît comme une masse plus sombre, indéfinie et pourtant reconnaissable.

Claude Monet, série des Cathédrales de Rouen

Claude Monet, La Cathédrale de Rouen. La Tour d’Albane et le portail sud. Temps gris, 1894

Analyse approfondie d’un tableau

Œuvre : La Gare Saint Lazare
Artiste : Claude Monet (1840-1926)
Date : 1877
Lieu de création : Paris, Gare Saint Lazare
Dimensions : 75x104 cm
Technique : Huile sur toile
Lieu de conservation : Musée d’Orsay, Paris

Thématique : L’œuvre d’art et l’influence des techniques
Contexte : Art officiel dominé par l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture
Analyse de l’œuvre :
Tableau qui regroupe tous les aspects de la modernité de la problématique impressionniste :
peindre « sur le motif »
touche du pinceau
série
lumière/couleurs
modernité du sujet

Pistes pédagogiques/disciplines :

1-Arts plastiques : tableaux évoqués précédemment


2-Littérature : Flaubert, Madame Bovary
Zola, La Bête Humaine
 ; Film : La Bête humaine

3-Education musicale : Debussy, La Mer, Le vent, La Cathédrale engloutie / Ravel / Honegger, Pacific 231

4-Histoire-Géographie : ponts, gares, structures métalliques, avènement de l’ère industrielle.

Prolongement par un travail de création des élèves en arts plastiques :

« Impressionnisme contemporain »
« Si quelqu’un te demandait ce qui, pour toi, représente la modernité de notre époque, que montrerais-tu ? » (objet/lieu/activité/personne)
Prends-le en photo.
En utilisant l’outil informatique, transforme ta photographie et propose une série d’au moins trois images. Chaque image rendra visible une impression ou une émotion différente (impressions liée aux changements de la lumière ou à des sentiments différents).

Mots-clés :
Impression / émotions / sentiment / Lumière / couleurs / instant / Touche / série
Modernité / science / industrialisation / rupture

Apport d’informations de la part des collègues du premier degré avec réutilisation des pistes déjà amorcées en collège (voir ci-dessus).

[/Travail réalisé en équipe, lors d’une formation inter-degrés dans le BEF rouen gauche-Elbeuf, par Mmes Cécile Bigot (collège, professeur d’arts plastiques), Julie Lavigne (collège, professeur d’histoire-géographie), Isabelle Cipan (collège, professeur de lettres), Christine Le Pichon et Hervé Duponchel (enseignants en école primaire)./]


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