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Publié : 26 août 2010
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4e - Arts, ruptures et continuités (Arts du son)

ŒUVRE : « The lamb » de John Tavener

Objectif : Présenter cette œuvre comme une “passerelle”.

Elle utilise deux écritures musicales opposées (Sérialisme et tonalité) que le compositeur va
unir au service d’un même thème : l’innocence de l’enfance. Pour cela il utilisera un motif
mélodique qui traversera l’œuvre et qui servira de « pont » pour unifier et homogénéifier
l’ensemble. L’aspect symbolique de l’œuvre sera également à mettre en perspective avec les autres disciplines.

Le texte du poète anglais William Blake appartient lui à une autre époque puisqu’il a été écrit en 1789. Il se trouve donc être au centre, si l’on considère les époques, des deux discours musicaux, puisque l’un symbolise la tradition polyphoniste des 16ème au 18ème siècles et l’autre, le 20ème siècle.

I – Rencontrer matériellement l’œuvre ou découverte de l’œuvre

- Ecouter la pièce de John Tavener. Il existe des vidéos sur quelques sites internet.
- Un concert (Cette pièce très populaire est souvent interprétée).

II – Interroger l’œuvre sur différents plans

1. La forme

1. Quel est le genre de cette œuvre ? Une pièce polyphonique vocale.
2. La composition Un thème de 7 notes qui va parcourir l’œuvre.
3. La structure forme strophique avec un refrain.
4. Le style œuvre contemporaine.

2. La technique Mélange de deux techniques musicales : sérialisme et tonalisme.

3. Le sens Le texte parle d’un « petit agneau » qui symbolise l’innocence de
l’enfance. Un thème musical représente l’enfance qui traverse les différentes
étapes de la vie (représentées par les deux techniques musicales).

4. Les usages pour un concert

Le compositeur :

Sir John TAVENER occupe une place éminente et singulière dans le concert des musiciens contemporains.
Rompant avec un art qui présente tous les signes d’une fin, il soutient la gageure d’un total retournement, faisant siennes les données de la « Tradition ». Il en trouve une remarquable illustration dans le chant liturgique byzantin dont il s’inspire et qui lui livre, entre autres, la tonique, l’« icône sonore », la « prière du cœur ».
La musique sensible n’est que l’écho d’une musique intelligible fondée sur certains principes qu’il s’agit de redécouvrir : la primauté des voix sur les instruments, l’homophonie, la répétition thématique, le dépouillement, la concision, la lenteur méditative, aboutissant à une musique de l’intériorité : une « musique du silence ».
Ainsi, la musique (…) en aidant les hommes à retrouver leur essence, mérite d’être considérée comme instrument de réalisation spirituelle.
On devine l’importance et la profondeur dont se revêt une telle musique, laquelle ne se peut entendre qu’avec l’« oreille du cœur » ».

Extrait du « John Tavener, l’enchanteur : une introduction à la musique du silence » de Jean Biès. Deux océans, Paris, Parution : février 2008

Brève biographie :

Sir John Tavener, né le 28 janvier 1944 à Wembley (Londres, Angleterre), est un compositeur britannique. En l978, Tavener se convertit à l’Eglise Orthodoxe Russe qui est, pour lui, une source d’inspiration croissante. Beaucoup de ses œuvres récentes font appel à la voix, mais pratiquement toutes, en dépit de leur inspiration religieuse, sont destinées au concert plutôt qu’à un emploi liturgique précis. Il a été anobli en 2000.

Analyse de l’œuvre « The lamb »
Le texte de « The Lamb » vient d’un poème de William Blake symbolisant l’enfance
innocente. Il est extrait d’un recueil intitulé « Songs of Innocence » (1789).

Little Lamb, who made thee ?
Dost thou know who made thee ?
Gave thee life, and bid thee feed,
By the stream and o’er the mead ;
Gave thee clothing of delight,
Softest clothing, woolly, bright ;
Gave thee such a tender voice,
Making all the vales rejoice ?
Little Lamb, who made thee ?
Dost thou know who made thee ?

Little Lamb, I’ll tell thee,
Little Lamb, I’ll tell thee.
He is called by thy name,
For He calls Himself a Lamb.
He is meek, and He is mild ;
He became a little child.
I a child, and thou a lamb,
We are called by His name.

Little Lamb, God bless thee !
Little Lamb, God bless thee !

Petit agneau qui t’a fait ?
Sais-tu qui t’a fait
T’a donné la vie et t’a nourri
Près du ruisseau et dans le pré ?
T’a donné ces charmants atours
Ces vêtements si doux, cette laine si claire
T’a donné une voix si tendre
Qui réjouit tous les vallons ?
Petit agneau, qui t’a fait ?
Sais-tu qui t’a fait ?

Petit agneau, je vais te le dire
Petit agneau, je vais te le dire
Il s’appelle de ton nom
Car il s’appelle l’agneau
Il est humble et il est doux
Il est devenu petit enfant
Moi, l’enfant et toi l’agneau
On nous appelle de ce nom

Petit agneau, que Dieu te bénisse !
Petit agneau, que Dieu te bénisse !

- Timbre et espace :

Un chœur mixte a cappella. Des passages sont traités en monodie. L’ensemble est
principalement homophonique.

- Dynamique :
La nuance principale est « Piano », qui symbolise, à la fois, la douceur de l’agneau et
l’enfance. On ne s’écarte jamais vraiment de cette intensité. Il faut la comprendre comme un
murmure qui interrompt à peine le silence du recueillement. C’est la manière d’être humble de
la musique de Tavener : « Musique du silence ».

- Temps et rythme :

Le motif qui est présenté dès le début de l’œuvre par les seules voix de soprano sera ensuite
réentendu plusieurs fois (A quatre reprises pour les quatre derniers vers avec suspension sur
un accord de mi mineur) avec une métrique différente, un ralentissement accompagné d’une
entrée dans le silence (Lent et long decrescendo). Bien que presque entièrement syllabique,
avec ses passages homophones à la simplicité qui compose une sereine atmosphère, on
pourrait comparer cela au mouvement impressionniste. Le tempo doit être flexible et est
guidé par les mots. Il indique peut-être l’importance que Tavener leur donne dans sa musique.

- Forme :

L’alternance des continuités et des ruptures est perceptible en évoquant les notions de
consonance et de dissonance. Deux discours musicaux alternent donc : atonal et « tonal ».
Alternance aussi de passages monodiques et polyphoniques.
Un acousmographe ou tout autre document pourra mettre en valeur ces alternances.

- Successif et simultané :

Il est temps d’aborder ici la notion de série. Le système a été conçu autour de 1921 par
Arnold Schoenberg qui a essayé de trouver une méthode pour organiser la musique atonale.
Une technique utilisée également par Anton Webern et Alban Berg, élèves de Schoenberg
(« deuxième école de Vienne »).

La voix de soprano propose une série de notes (Celles entendues au début de l’œuvre). La
voix d’alto reprend la même série avec le principe de renversement. Nous pouvons entendre et
jouer les deux voix qui se superposent sur le second vers du texte.
Pour simplifier la compréhension du principe, la voix de ténor correspond à la série
rétrograde c’est-à-dire lue à l’envers. La voix de basse montre la série en renversement
rétrograde.
La série se compose de 7 notes. On peut étudier l’aspect symbolique de ce chiffre. Il
correspond également au nombre de lettres contenues dans le titre : t-h-e-l-a-m-b

- Styles :

Le dodécaphonisme et la seconde « Ecole de Vienne » seront abordés.
L’importance dans l’œuvre de Tavener de la musique liturgique contemplative (Chant
orthodoxe). Mise en comparaison avec Arvo Pärt (« Summa ») …

III – Des mots-clés pour caractériser l’œuvre

- symbolisme
- sérialisme
- musique vocale a cappella
- consonance / dissonance
- monodie / polyphonie
- homophonie

IV – Mise en réseau et exemples d’œuvres correspondant à un critère

V – Pistes de pratiques plastiques simples en lien avec l’œuvre

VI – Dispositifs pour situer l’œuvre dans un contexte historique, culturel, artistique

VII - Proposition de contenu pour le cahier personnel d’Histoire des Arts

- Art du son

Genre : œuvre vocale polyphonique
Titre : « The lamb »
Compositeur : John Tavener (1944)
Date : 1982
Technique : Mise en musique d’un texte symboliste en utilisant des techniques différentes : sérialisme et tonalité.
Lieu : église pour un concert