Publié : 15 avril 2010
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5e - Construction à pans de bois (Arts du son)

ŒUVRE : « Les cris de Paris » de Clément Janequin (vers 1485-1558)

Objectif : à travers une pièce musicale « Les cris de Paris » de Clément Janequin, faire
prendre conscience de la richesse de la vie commerçante dans une ville au 16ème siècle.

Ouverture musicale : ce travail pourra s’insérer dans une thématique musicale autour de ‘La
ville à différentes époques’.

L’OEUVRE

On trouve dans un programme de l’ensemble vocal « Sequenza 9.3 » intitulé « Les cris de la ville » cette page qui nous sert parfaitement d’introduction pour notre sujet :

« Depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours, les marchands ambulants, les camelots, les négociants en tous genres traînent dans les rues des villes. Actifs, délurés, intelligents, ils ont assez de verve et d’esprit pour rassembler la foule autour de leur étalage. Ces personnages phares de la rue constituaient et constituent encore le maillon central de la vie sociale, étalant sur le pavé : caricatures, complaintes, cris, airs à la mode, langues déliées ou écorchées, exploitant toutes les possibilités expressives de la voix humaine, et laissant exploser l’expression des racines cachées dans les pratiques populaires ».

Après une courte introduction au cours de laquelle les chanteurs interpellent l’auditeur en lui demandant s’il veut « ouyr les cris de Paris », Janequin met en musique une quarantaine de cris des marchands et d’artisans ambulants.

En voici le texte :

1- Voulez- ouyr les cris de Paris ?
2- Où sont-ilz ces petitz pions ?
3- Pastez très tous chaulx, qui l’aira ?
4- Vin blanc, vin cleret, vin vermeil à six deniers.
5- Casse museaux tout chaulx.
6- Je les vendz, je les donne pour ung petit blanc.
7- Tartelettes friandes à la belle gauffre !
8- Et est à l’enseigne du berseau
9- Qui est en la rue de la Harpe
10- Sa à boyre, ça !
11- Aigre, vin aigre !
12- Fault il point de saultce vert ?
13- Moustarde, moustarde fine !
14- Harenc blanc, harenc de la nuyt !
15- Cotrez secz, cotrez ! Souliers vieux !
16- Arde buche ! Choulx gelez !
17- Hault et bas rammonez les caminades !
18- Qui veult du laict ?
19- C’est moy, c’est moy, je meurs de froit !
20- Poys verts ! Mes belles lestues, mes beaulx cibotz
21- Guigne, doulce guigne !
22- Faut-il point de sablon ? Voire joly !
23- Argent m’y duit ! Argent m’y fault !
24- Gaigne petit ! Lye ! Alumet ! Houseaux vieux !
25- Pruneaux de Saint Julien
26- Febves de Maretz, febves ! Je fais le coqu, moy !
27- Ma belle porée, mon beau persin,
28- Ma belle oseille, les beaulx espinards !
29- Pèches de Corbeil ! Orenge ! Pignes vuidez !
30- Charlotte m’amye ! Apétit nouveau petit !
31- Amendez vous dames, amendez ! Allemande nouvelle !
32- Navetz ! Mes beaulx balais ! Rave doulce, rave !
33- Feure, feure Brie ! A ung tournoys le chapellet !
34- Marons de Lyon ! Chervis ! Mes beaux pesons !
35- Alumet, alumet, alumettes sèches ! Vin nouveau !
36- Fault-il point de grois ? Choux, petits choux tous chaulx ! 37- Fault-il point de boys ? Choulx gelez !
38- Et qui aura le moule de gros boys ?
39- Eschaudez chaux ! Sèche bourrée !
40- Serceau, beaux serceau ! Arde chandelle ! Palourde !
41- A Paris sur petit pont geline de feurre !
42- Si vous en voulez plus ouyr, allez les donc querre !

Activités :

- un marché local pourra être l’objet d’une sortie pour réaliser un enregistrement des
différents « cris » des marchands ainsi que de l’ambiance générale.
- une ambiance de marché avec ses « cris » pourra servir d’atelier de création en
associant, par exemple, la bande son réalisée sur place ou sonorisée en classe.
- une étude sommaire de quelques mots prononcés et écrits en « vieux français »
pourra être proposée.

Analyse musicale :

Ecoute de l’introduction sur le texte unique « Voulez ouyr les cris de Paris » jusqu’à la
cadence parfaite qui met fin à cette partie.
On pourra remplir et / ou compléter un tableau comme celui présenté ci-dessous tout en
signalant le passage homophonique qui précède la cadence finale et qui s’oppose à l’écriture en imitation du reste de cette introduction.

On pourra également insister (En fonction de l’extrait proposé et de la version écoutée) sur le jeu des intensités, des accentuations et inflexions vocales qui donnent du caractère à cette œuvre.

On proposera ensuite l’écoute d’un extrait de l’œuvre dans lequel il sera facile de percevoir le texte. Les élèves devront découvrir et recopier les phrases entendues :

(En voici, ci-après, la version pour les élèves)

I – Rencontrer matériellement l’œuvre ou Découverte de l’œuvre

- Par le biais d’un enregistrement ou d’un concert.

II – Interroger l’œuvre sur différents plans

1. La forme

1. Quel est le genre de cette œuvre ? une chanson
2. La composition
3. La structure introduction (Voulez ouyir ?), superposition puis
succession des « cris », coda.
4. Le style musique vocale à quatre voix de la Renaissance.

2. La technique écriture polyphonique homophone et en imitation.

3. Le sens chanson imitative et narrative chère à Janequin.

4. Les usages

« Au début du 16ème siècle, la chanson française est un art central en France. Elle est écrite à quatre voix, et son style est celui d’un motet, avec mélodie principale au ténor. L’influence de la Frottola fait bientôt apparaître des passages d’écriture verticale…La chanson parisienne est, elle aussi, surtout homophone ; de facture élégante, elle connaît un grand développement à partir de 1530 grâce aux éditions d’ATTAINGNANT ».

Extrait du « guide illustré de la musique », Ulrich MICHELS, tome 1, p 253,
édition Fayard 1988.

III – Des mots-clés pour caractériser l’œuvre

- Imitation
- Homophone
- Chanson
- Mélisme
- A cappella
- Polyphonie

IV – Mise en réseau et exemples d’œuvres correspondant à un critère

- Sur le sujet « La ville »
Possibilité de faire des liens avec des extraits d’œuvres à écouter et / ou étudier :
« City life » de S. Reich, “Cries of London” de Orlando Gibbons ou Les “Cries of London” de Luciano Berio.

De nombreuses chansons actuelles ou plus anciennes reprennent le thème de la ville et
seront source d’inspiration pour le cours d’éducation musicale.

V – Pistes de pratiques plastiques simples en lien avec l’œuvre

VI – Dispositifs pour situer l’œuvre dans un contexte historique, culturel, artistique

VII - Proposition de contenu pour le cahier personnel d’Histoire des Arts

- Une œuvre vocale polyphonique, A cappella, de la Renaissance, nous montre une
source d’inspiration originale pour une chanson de cette époque. Clément Janequin
puise dans les cris des camelots, commerçants et autres vendeurs des rues de la
ville, un matériau brut et efficace qui nous laisse ainsi un témoignage de l’activité qui
régnait alors.

Genre :chanson polyphonique
Titre :« Les cris de Paris »
Date :vers 1540
Dimensions :H : 41,8 cm – Diam : 27 cm
Technique :Imitation, homophonie
Lieu :Les rues d’une ville de la Renaissance

Vous pouvez télécharger l’intégralité de cette séquence :

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