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Publié : 15 avril 2010
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5e - Construction à pans de bois (Arts du langage)

Séquence
« Il était une fois au Moyen-Âge »

Cette séquence viendra après la lecture d’un roman de la littérature jeunesse qui se passe dans
une ville au moyen-âge. (Cf. annexe liste des romans proposés)

Objectifs :
Lire des textes documentaires et littéraires et découvrir des documents iconographiques
en relation avec le Moyen Âge.
Étudier les composantes et l’organisation de la description des lieux.
Comprendre quelques visées essentielles de la description.
Apprendre et utiliser le vocabulaire spécifique de la vie à cette époque pour raconter une
histoire.

Travail sur le vocabulaire : On pourra partir des représentations que les élèves se font du
Moyen-âge et de ce qu’ils ont appris lors de la lecture du roman. On les classera par catégories
types : habitat, vie quotidienne, personnage, lieux…
Puis étudier le texte suivant :

Le mot bourg d’origine germanique, signifie à l’origine château fort. Au Moyen-Age, il désigne l’agglomération de maisons et d’hommes qui vivent des échanges commerciaux ou de l’artisanat. De ce mot est dérivé, au XIIe siècle, celui de bourgeois, pour désigner l’habitant du bourg devenu ville.
Tous les habitants n’avaient pas ce titre : il fallait, pour l’acquérir, résider ou posséder en ville. Le bourgmestre, dans les villes du Nord, désigne le premier magistrat de la ville, celui qu’on nomme ailleurs le maire, c’est-à-dire le plus grand (major).
Le faubourg désigne le bourg hors de la ville. Au XIIe siècle, on écrivait « fors bourg », c’est-à-dire bourg du dehors. Au XIVe siècle, le fors a été compris comme faux et donné faubourg, qui évoque les quartiers hors les murs en général moins densément peuplés et bâtis que ceux de la ville.
La banlieue correspond à l’espace d’une lieue autour de la ville, espace où cette dernière exerce son ban, c’est-à-dire son autorité (administrative et judiciaire le plus souvent). Cette mesure d’une lieue n’est pas précise, sa longueur variant selon les régions entre deux et cinq kilomètres.
Le plat pays s’étend hors les murs. Le terme évoque la rase campagne, la plaine, par opposition aux lieux accidentés ou fortifiés. La ville ici est donc vue comme espace militairement sécurisé. C’est l’enceinte qui traduit ces fonctions militaires et définit ce qui est dans les murs (intra muros), dans la ville, donc protégé, et ce qui est hors les murs (extra muros).
Fermée ou ouverte, la ville affiche son rang ou ses fonctions dans des appellations. On nomme cité, au Moyen-Age, la ville où réside l’évêque. Parmi toutes les villes du royaume de France, on distingue les « bonnes villes » des autres. Elles seules comptent, elles peuvent organiser leur défense, discuter directement de l’impôt qu’elles répartissent entre leurs citoyens, gérer leurs affaires et relayer la politique royale qu’elles appliquent.

Vivre dans une ville au Moyen-Age, Magazine TDC, n°734.

Etude du texte :
1. De quel genre d’ouvrage est tiré ce texte ?
2. Relever les mots du champ lexical de la ville et retrouver en les élargissant les
différentes familles de mots.
3. Quel est le sens du mot banlieue au Moyen-Age ? Est-il le même de nos jours ? Quelle
idée a-t-on de la banlieue aujourd’hui ? Expliquez comment ce glissement de sens a-t-il
pu se faire.

On fera ensuite un travail spécifique sur le vocabulaire avec création d’une fiche qui
rassemblera une banque de mots.
Quelques exemples :
Abaque ou abac :
n. m., lat. abacus, grec abax, tablette
1 . Ta b l e t t e f o rma n t l a p a r t i e s u p é r i e u r e d u c h a p i t e a u d ’ u n e c o l o n n e .
2. Table à calcul sur laquelle les chiffres prennent une valeur en fonction de leur place par
rapport à un jeton. Au moyen âge, elle est utilisée par les marchands et les écoliers.

Adoubement :
Du francique dubban, frapper. Cérémonie par laquelle un homme est fait ou ordonné chevalier.
Le nouveau chevalier reçoit de l’adoubeur un violent coup sur la nuque du plat de l’épée.

Lanternon :
Petite construction de plan centré et de forme élancée, percée de fenêtres et placée au faîte
d’un toit.

Larmier :
Sorte de bandeau ou de corniche servant à empêcher les eaux de pluie de couler le long du
mur.

Ou encore levis, herse, vantaux de porte, portier, masure, chaume, torchis, foyer, chandelle,
torche, coffre, écuelle, fagot, tréteau, chaudron, rave, chou, fève, gruau, tonneau, écumoire,
âtre, tabouret, jongleurs, trouvères, aiguières, pages, servantes, incunable, manuscrit, caravelle,
enluminure, boussole, arbalète...

Gros plan sur le quine : C’est une suite de cinq mesures étalonnées sur les dimensions du
corps humain. Son usage s’est généralisé de l’antiquité au XIXe siècle. Il s’agissait d’une
canne utilisée comme instrument de mesure par les architectes des monuments antiques,
romans ou gothiques, et par les ouvriers qui travaillaient sur les chantiers. Le quine est donc
formé de la somme de dimensions qui sont proportionnelles entre elles.

1 pouce, 1 paume, 1 palme, 1 empan, 1 pied, 1 coudée.
1 coudée = 1 pied + 1 empan
1 pied = 1 empan + 1 palme
1 empan = 1 Palme + 1 paume
Ainsi cet instrument permettait de mesurer de façon très exacte les dimensions des monuments
à construire et de leurs constituants à l‘heure où le cm n’existait pas !
Il est très facile de faire réaliser à chaque élève sa propre quine afin qu’ils vérifient eux-mêmes
la véracité de ce calcul et sa fonctionnalité.

Expression écrite : Partir du travail de construction d’une maison à pans de bois pour écrire
l’histoire d’un petit compagnon qui participe à la construction d’une maison dans la ville
médiévale de Rouen. En plus de ce qui vient d’être vu, les élèves pourront aussi utiliser les
conclusions tirées de la visite qu’ils auront fait de la ville mais aussi d’un travail documentaire
sur les bâtisseurs du Moyen-âge. De nombreux manuels proposent des activités autour de ce
thème, je vous y renvoie.

Lecture de l’image et art du visuel : on pourra

- Prendre comme support un bande dessinée de Jacques Martin et Jean Pleyers : Jhen
chez casterman. Et étudier certaines planches qui mettent en scène le personnage au
milieu de la ville en utilisant le vocabulaire de l’analyse de l’image.
- Faire une visite du musée Le Secq des tournelles (musée de la ferronnerie de Rouen) et
focaliser l’attention sur les enseignes en fer forgé, art populaire par excellence et qui
n’était pas sans poser des problèmes pour la vie d’alors à cause de sa dangerosité. Puis
à partir d’une potence photocopiée, chaque élève pourra inventer et dessiner son idée
d’enseigne pour le commerce de la maison à pans de bois sur laquelle ils travaillent en
technologie. Comment mettre en valeur l’activité par un jeu de mots, un symbole…
- En guise d’évaluation :
Décrire une image :

Gilles de Rome, Livre du gouvernement des princes, France, début du XVIe siècle, Paris, Arsenal, manuscrit 5062, fol. 149v.

1. A quoi reconnaît-on une ville du Moyen age ? Recense tous les éléments qui t’ont
permis de le dire, en utilisant un vocabulaire précis.
2. Quelles sont les boutiques représentées sur cette image ? Décris ce que tu vois
précisément.
3. Quel élément caractéristique de la ville au Moyen-Âge retrouve-t-on très bien sur cette
image ?
4. Explique l’architecture des lieux en citant un maximum d’éléments précis.
5. Qu’apporte le chat à l’image ?

Commentaire officiel :
Cette page enluminée est extraite d’un "miroir des princes", ouvrage destiné à l’éducation des
jeunes aristocrates de hauts rangs. Elle offre une vision de l’organisation idéale d’une rue
marchande et témoigne de l’évolution de l’espace urbain à la fin du Moyen Âge. Les hommes
d’affaires, les banquiers et les marchands incarnent le nouveau pouvoir urbain.
Les représentations des boutiques du drapier et du fourreur, de l’apothicaire-épicier et du
barbier, démontrent les nouvelles préoccupations d’hygiène, l’évolution du commerce et
l’enrichissement des villes à la fin du Moyen Âge.


Vous pouvez télécharger :
- l’intégralité de cette séquence :

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- ainsi qu’une liste de romans jeunesse :

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