Publié : 13 avril 2010
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6e - Sites naturels et lieux construits

« Habiter un territoire, c’est-à-dire s’installer, bâtir une demeure, implique toujours une décision vitale qui engage l’existence de la communauté tout entière. Se « situer » dans un
paysage, l’organiser, l’habiter – sont des actions qui présupposent un choix existentiel : le choix de l’ »Univers » que l’on est prêt à assumer en le « créant ». Tout établissement humain
comporte la fixation d’un centre et la projection des horizons, c’est-à-dire la cosmisation du territoire, sa transformation dans un « Univers », réplique de l’Univers exemplaire, créé et
habité par les dieux. Toute installation humaine, qu’il s’agisse de la prise de possession d’un pays tout entier ou de l’élévation d’une simple demeure, répète donc la cosmogonie. Le mythe
cosmogonique est, en général, le modèle de tous les mythes et rites se rapportant à un « faire » , à une « oeuvre », à une « création ».

Mircea Eliade
« Architecture sacrée et symbolisme »,
in Les symboles du lieu, l’habitation de l’homme. (L’Herne, 1983)

Thermes romains de Bath (Angleterre) : la source chaude sacrée

Période historiqueL’Antiquité
ThématiqueArts, créations, cultures
Domaine artistiqueL’œuvre d’art et la genèse des cultures : lieux et sites de rassemblements populaires, de manifestations ludiques et festives, de célébrations civiles et religieuses.

Arts de l’Espace : Théâtre Gallo-Romain de Lillebonne – Thermes romains de Bath (Angleterre) - Glastonbury (Angleterre) : haut-lieu des spiritualités occidentales. Festival d’Avignon et Palais des Papes – Théâtre gallo-romain d’Orange. Théâtre d’Epidaure, Grèce.

Arts du Langage : La légende arthurienne, les contes et légendes bretonnes, « l’heroic fantasy ».

Arts du Quotidien : Les Foires, les grandes Fêtes et le Carnaval : rassemblements populaires, échanges commerciaux et culturels, renversements des valeurs.

Arts du Spectacle Vivant : Aborder le théâtre de William Shakespeare à travers l’une de ses œuvres les plus accessibles, Le Songe d’une nuit d’été, notamment avec la scène dite des artisans et autour de la problématique des lieux dans la pièce. Aborder l’espace scénique élisabéthain et le Théâtre du Globe à Londres.

Disciplines concernées (directement) : Géographie – Histoire – Lettres – Anglais – Arts Plastiques – Théâtre/Expression Dramatique –Danse – Education Musicale.


Classe de 6e

Période historique :Antiquité
Thématique et domaines artistiques :Arts, créations, cultures
Arts de l’Espace
Arts du Langage
Arts du Quotidien
Arts du Spectacle Vivant

Problématique :

Site naturel et Lieu construit, sources d’inspiration d’un imaginaire collectif et d’une culture identitaire. Comment d’un espace naturel sacralisé et enchanté, une culture s’organise et se construit autour d’un lieu porteur de mythes fondateurs, de créations artistiques et d’échanges innovants.

Domaines artistiquesRessources (locales / autres)
ARTS DE L’ESPACE

Les deux sites / lieux proposés ci-contre se trouvent en Angleterre, pays « frontalier » pour nous Normands. Ils pourraient donner lieu à un travail de mise en dialogue avec des sites haut-normands tels que Le Santuaire de Gisacum (Vieil-Evreux) et / ou Le Théâtre-Amphithéâtre gallo-romain de Lillebonne (pour une étude du Site des Thermes de Bath), et La Forêt de Brocéliande (Bretagne) si une étude autour des légendes de Merlin et du Roi Arthur est envisagée en français. D’autres sites comme Le Mont St-Michel et Carnac peuvent présenter un réel intérêt, surtout si l’on souhaite travailler également sur Stonehenge.

Il serait également judicieux d’engager un travail autour des contes et légendes liées à la Forêt de Brotonne, afin d’aider les élèves à mieux cerner les liens entre environnement naturel (la forêt et les peurs qu’elle suscitait, la fonction des arbres sacrés) et l’émergence d’une culture (Art du Langage, Lieux de cérémonies, lieux de culte, liens entre le cultuel et le culturel).

1- Les Thermes romains de Bath (Angleterre) :

L’histoire de Bath, comme son nom peut l’indiquer, se confond avec celle de ses bains. Dès la période celte, Bath sert de lieu de culte aux populations locales. Selon la légende, la ville aurait été fondée par les Bretons en 863 avant J.-C. (ce qui en fait une ville plus ancienne que Rome) parce que ses eaux avaient un pouvoir guérisseur sur la lèpre.

En 43 après J-C, les Romains conquièrent la ville et bâtissent à l’emplacement des sources d’eau chaude un temple consacré à Minerve. La présence romaine est la première période de grande prospérité de Bath comme les Bains romains aujourd’hui encore en témoignent. La conquête normande vint mettre un terme à l’expansion de la ville.

Celle-ci fut redécouverte dans la première moitié du XVIIIe siècle par un dandy, Richard "Beau" Nash. Il en fait le lieu le plus en vogue d’Angleterre et la cité devient très vite le lieu de villégiature favori de l’aristocratie anglaise. Nombreux sont ceux qui se font construire des demeures par les architectes attitrés de la ville : John Wood et ses deux fils. C’est à eux que la station thermale doit aujourd’hui l’unité architecturale qui fait sa renommée mondiale.

2- Glastonbury

Dans les temps anciens, Glastonbury était une sorte d’île : la mer recouvrait les terres basses des Somerset Levels, comme en témoignent des vestiges de villages lacustres de l’Age du fer. Le site est célèbre par son tor et serait, d’après certaines sources, plus légendaires que historiques, à l’emplacement même de la mythique île d’Avalon, de la légende arthurienne.

Le tor de Glastonbury. Glastonbury fut l’un des premiers établissements chrétiens d’Angleterre, alors que le site était encore entouré de marécages. En 705, le roi Ine y fonde un monastère qui devient un établissement bénédictin au Xe siècle. Les bâtiments anciens, en acacia et en torchis cèdent la place à des constructions en pierre. Au Moyen Âge, les moines construisent au sommet du tor une église dédiée à l’archange Saint Michel, qui s’écroula à la suite d’un tremblement de terre ; la tour actuelle est un vestige d’une deuxième église rebâtie sur les ruines de la précédente. Près de l’abbaye construite aux XIIIe et XIVe siècle, se trouve la chapelle de la Vierge, construite au XIIe siècle à l’emplacement d’une « Vieille église » incendiée en 1184 et fondée, suivant la tradition, par Joseph d’Arimathie.

Lors de la reconstruction de l’abbaye après l’incendie, les moines auraient découvert en 1191, sous une dalle de pierre une croix de plomb portant l’inscription : HIC JACET SEPULTUS INCLITUS REX ARTURIUS IN INSULA AVALONIA « Ci-gît le renommé roi Arthur dans l’île d’Avalon. », un cercueil creusé dans un tronc d’arbre et contenant les ossements d’un homme de 2,40 m de haut.

En 1539, l’abbaye de Glastonbury est dissoute à la suite d’une ordonnance du roi Henri VIII ; les bâtiments sont dépouillés de tous leurs objets de valeur, qui sont vendus ou attribués au trésor royal. L’abbé Richard Whiting est pendu au sommet du tor de Glastonbury. Entre 1127 et 1825, une foire annuelle se tenait au pied du tor de Glastonbury, elle durait six jours et terminait le jour de la fête de saint Michel. De nos jours, le festival de Glastonbury accueille presque tous les ans depuis 1970 les amateurs de musique et d’art du spectacle (ce festival se tient à Pilton).

ARTS DU LANGAGE
ARTS DU QUOTIDIEN ET DU VISUEL
ARTS DU SPECTACLE VIVANT

Arts du spectacle vivant

Œuvre : Le Songe d’une nuit d’été , comédie de William Shakespeare

Photo de répétitions du « Songe d’une nuit d’été »,
Mise en scène de Yann-Joël Collin,
Ateliers Berthier de l’Odéon - Théâtre de l’Europe (automne 2008) ; Photo de Pierre Grosbois.

I – Rencontrer matériellement l’œuvre

ou Découverte de l’œuvre

Comme il s’agit d’une œuvre de théâtre, l’une des plus célèbres comédies de William Shakespeare, l’idéal sera de la découvrir au cours d’une représentation théâtrale. Cela n’empêche nullement une préparation de la classe à cette sortie théâtrale, au contraire ! En France, c’est sans conteste l’une de ses pièces les plus jouées et appréciées. Elle est assez accessible et populaire auprès d’un public ouvert et diversifié. C’est aussi l’une des entrées les plus courantes dans le répertoire shakespearien, une excellente manière de s’initier à son univers, son écriture, ses thématiques. En Angleterre, elle demeure de loin la préférée des drama teachers et des élèves s’initiant au théâtre dans un cadre scolaire. Elle se joue d’ailleurs souvent à l’extérieur et donne lieu à des spectacles déambulatoires, dits « promenade ».

II – Interroger l’œuvre sur différents plans

1. La forme

1.1. Quel est le genre de cette œuvre ?

Le Songe d’une nuit d’été repose sur une série de transfigurations dont l’issue heureuse, qui l’apparente aux comédies, est précédée d’une nuit incroyable peuplée de fantasmes, de fantômes et de créatures étranges, coiffées de têtes d’ânes ou de lions.

Et pourtant ce délire est bel et bien « vrai », et « consistant » : il est théâtre. Car toutes ces métamorphoses sont peut-être le fruit d’un délire d’amoureux, mais moins des amoureux présents sur scène que du dramaturge qui crée, lui-même amoureux du théâtre, et du jeu.

Cette pièce, qui met en scène le théâtre par le truchement de mises en abyme successives et d’une constante réflexivité sur l’art dramatique, porte en effet sur le devant de la scène ce qui est conventionnellement dissimulé hors de la scène : le travail de l’acteur, les efforts et le travail qui président à la création de l’illusion.

1.2. La composition

Le temps du songe

On estime en général que le Songe d’une nuit d’été a été composé entre 1594 et 1596. L’une des hypothèses récurrentes mais non confirmée consiste à poser que la pièce aurait été écrite en l’honneur du mariage d’Elizabeth Carey et Thomas Berkeley. Dans cette perspective, on peut envisager le Songe d’une nuit d’été comme un épithalame, c’est-à-dire un poème conçu à l’occasion de noces, afin de célébrer l’union des jeunes époux. Si tel s’était avéré être le cas, les nombreuses références à la lune dans la pièce seraient autant d’hommages rendus à Elizabeth I, possiblement présente à la noce, et qui était souvent comparée à Diane, déesse lunaire.

Hors ces quelques conjectures, l’intérêt d’une datation repose tout entier sur la possibilité de situer cette pièce dans le processus d’écriture shakespearien. Ainsi nous pouvons déduire de ces présomptions que la composition du Songe d’une nuit d’été est quasi-contemporaine de celle de Roméo et Juliette.

1.3. La structure

Exercice 1 :

Analyser la liste des personnages en cherchant à définir les raisons qui ont motivé leur répartition en trois groupes distincts. Puis, envisager un autre classement qui diviserait les personnages entre ceux issus de traditions et récits antérieurs et ceux qui ont été créés de toutes pièces par Shakespeare.

THÉSÉE, duc d’Athènes
HIPPOLYTA, reine des Amazones, fiancée à Thésée
LYSANDRE, amoureux d’Hermia
DÉMÉTRIUS, amoureux d’Hermia
HERMIA, amoureuse de Lysandre
HÉLÉNA, amoureuse de Démétrius
ÉGÉE, père d’Hermia
PHILOSTRATE, maître des réjouissances
PETER QUINCE, charpentier, Le Prologue dans Pyrame et Thisbé
NICK BOTTOM, tisserand, Pyrame
FRANCIS FLUTE, réparateur de soufflets,Thisbé
TOM SNOUT, rétameur, Le Mur
SNUG, menuisier, Le Lion
ROBIN STARVELING, tailleur, La Lune
OBERON, roi de la féerie
TITANIA, reine des fées
UNE FÉE, au service de Titania
PUCK, bouffon d’Obéron
FLEUR DES PETITS POIS, fée au service de Titania
TOILE D’ARAIGNÉE, fée au service de Titania
PARTICULE DE POUSSIERE, fée au service de Titania
GRAINE DE MOUTARDE, fée au service de Titania
D’autres fées au service de Titania et d’Obéron
Des seigneurs et des serviteurs de la suite de Thésée et d’Hyppolita

Les Grecs et les fées : la tradition mise à distance

Le Songe d’une nuit d’été est l’une des seules pièces de Shakespeare à reposer sur une trame tissée de récits multiples dans lesquels Shakespeare puise très librement, sans souci de respect des histoires originales.

Le premier groupe de personnages renvoie à des figures de la mythologie grecque. On sait que Shakespeare puise traditionnellement dans Les vies parallèles de Plutarque pour ses sources mythologiques. On constate néanmoins ici que Shakespeare s’en éloigne quelque peu, en faisant disparaître le lien de parenté qui unit normalement Thésée à Égée. Autre écart, la dénomination de la fonction politique de Thésée, défini comme « duc d’Athènes », qui, ainsi que la présence d’Hyppolita, ramène à une autre source, Le Conte du Chevalier, de Geoffrey Chaucer. Le groupe des fées fait passer définitivement le lecteur/spectateur du côté du folklore : tous appartiennent aux légendes et croyances populaires qui circulaient encore dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ainsi Obéron fait-il référence au personnage du Huon de Bordeaux, Titania aux Métamorphoses d’Ovide ou encore Robin Goodfellow à un personnage récurrent des campagnes anglaises – elfes, fées et farfadets appartenaient encore à l’imaginaire élisabéthain. Mais, là encore, Shakespeare s’éloigne quelque peu de la tradition : c’est la première fois que, dans l’imaginaire élisabéthain, les fées sont décrites comme des êtres bienveillants (la graine de moutarde ou la fleur de petits pois entrent dans la composition de certaines décoctions thérapeutiques de la médecine de l’époque et renvoient donc à des effets bénéfiques de la nature). Ces noms sont en outre révélateurs de la petite taille de ces créatures, susceptibles de se cacher dans les « cupules des glands » (acte II , scène I ), détail inventé par Shakespeare et non tiré de l’imaginaire de l’époque. La petitesse des fées devient ensuite un élément récurrent du corpus shakespearien.

Chercher dans le texte les indices de la bienveillance des fées.

Exercice 2 :

Les artisans :

Les artisans, eux, sont associés à des corps de métiers qui renvoient très nettement à la réalité socio-historique de l’Angleterre élisabéthaine. C’est ce que prouve, par exemple, le sens de leur nom en anglais.

Comparer les choix des noms des artisans et des fées avec ceux proposés par Maurice Castelain dans sa traduction parue en 1968, et rééditée en 1992 chez Aubier.

Traduction de Pascal CollinTraduction de Maurice Castelain
Peter QuinceDucoing
Nick BottomLefond
Francis FluteFluteau
Tom SnoutMuseau
SnugDouillet
Robin StarvelingClaquedent

Le nom anglais des artisans est associé à la profession que chacun exerce respectivement (ainsi, par exemple, du tailleur proverbialement malingre et, partant, sensible au froid). Les artisans censés se produire pour le mariage athénien de Thésée et d’Hyppolita sont donc issus du milieu artisanal et des croyances qui y sont associées à l’époque élisabéthaine. Ils introduisent dès lors une nouvelle « collision » entre des mondes différents : la mythologie rencontre ici l’Angleterre du XVIe siècle, annihilant ainsi toute unité temporelle ou historique.

2. Le sens

Songe d’une nuit d’été
Auteur : Marc CHAGALL, 1939
Peinture, Huile sur toile 116,5 x 89 cm

Musée de Grenoble Don de l’artiste en 1951,
Inv. : MG 3063 © ADAGP Photograph : © Musée de Grenoble

Analyse du tableau de Chagall (1939) intitulé le Songe d’une nuit d’été et exposé au musée de Grenoble (reproduction disponible sur le site du musée à l’adresse suivante : www.framemuseums.org

Marc Chagall restera très longtemps attaché à son pays d’origine, la Russie, et même s’il passe l’essentiel de sa vie en France, d’abord à Paris puis à Vence, il y retournera et y exercera des fonctions officielles de 1914 à 1922. Parmi les artistes de l’École de Paris, l’œuvre de Chagall reste empreinte d’une philosophie et d’une force poétique très personnelle. L’observation de la réalité quotidienne à travers le prisme des influences fauves et cubistes conjuguées se traduit par une "explosion lyrique totale" selon André Breton.

Chagall évolue de sa réalité intérieure vers un univers où sont rassemblés des personnages échappant à toute vraisemblance comme par exemple dans Songe d’une nuit d’été, peint pendant la période parisienne de l’artiste. Le recours au merveilleux réconcilie l’image de la réalité avec la fable. La naïveté de la composition, sans perspective, s’ajoute au contraste des touches colorées juxtaposées pour créer un espace pictural "magique".

Exercice 1 :

Combien aperçoit-on de personnages ? Sont-ils tous de même nature, de même taille et de même couleur ? Que penser des choix chromatiques du peintre ?

Quels aspects de la pièce de Shakespeare apparaissent le plus évidemment dans le tableau ?

L’ensemble de ces mondes multiples est donc amené à se rencontrer sur scène, lieu magique où toutes les rencontres deviennent possibles. Or ces mélanges et autres croisements d’univers prennent tous place dans la forêt : c’est là qu’Hermia et Lysandre projettent de s’enfuir, suivis de peu par Démétrius et Héléna. C’est là aussi que les artisans décident de répéter, avant d’être rejoints par Thésée et Hyppolita au cours de leur partie de chasse.

La forêt joue donc un rôle central dans la pièce. Ce « monde vert » représente le monde des possibles, loin du domaine régi par la loi qu’incarne le palais ducal de l’ouverture de la pièce. Ce monde de rêve rend toute métamorphose et tout renversement possible. Cette régénération et les bouleversements nocturnes et forestiers sont associés dans la pièce aux rites du « mai » (May Day) que l’on célébrait encore dans les campagnes anglaises.

Ces festivités printanières consistaient à envoyer de jeunes garçons et de jeunes filles passer une nuit en forêt d’où ils revenaient chargés de feuilles et de branchages (et souvent, d’un enfant à naître !), témoins du renouveau induit par le printemps et du retour de la fertilité. Cette tradition est d’ailleurs explicitement évoquée à la première scène de l’acte I du Songe d’une nuit d’été. Bien que le titre de la pièce fasse référence à la saison estivale, et non au printemps, « l’esprit de mai » baigne l’ensemble de la pièce : loin de la loi et de l’ordre qui règnent normalement sur le royaume, ces charnières saisonnières permettent une certaine liberté par rapport au cours normal des choses. Dans La Nuit des rois, Shakespeare parle d’ailleurs de la folie de la mi-été, « midsummer madness » – signe qu’il associe cette période à un certain dérèglement.

Exercice 2 :

Bestiaire

Faire l’inventaire de tous les animaux cités dans la pièce et les classer en fonction du « monde » auxquels ils appartiennent, des continents ou des pays où on les trouve habituellement.

Sont-ils tous des animaux de la forêt ? Pourquoi ?

La forêt est un lieu peuplé d’animaux réels ou imaginaires qui hantent toutes les descriptions qui en sont faites.

Aussi lions ou porcs-épics habitent-ils la même forêt magique, en dépit de tout réalisme. C’est que les animaux de la forêt sont tous sujets à métamorphoses et l’on ne sait jamais s’il s’agit d’animaux réels ou d’hommes et de femmes victimes des sorts de quelques lutins facétieux. Puck peut par exemple adopter la forme animale qui lui sied :

« Parfois je ferai le cheval, parfois le chien de chasse ou le cochon, l’ours sans tête, ou le feu de l’enfer. Je hennirai, j’aboierai, je grognerai, je rugirai, je brûleraicomme un cheval, un chien, un porc, un ours ou le feu. »

Acte III , scène 1

La transformation animale la plus marquante est celle de Bottom, métamorphosé en âne. Cet épisode évoque d’ailleurs L’Âne d’or ou les Métamorphoses d’Apulée, autre grand récit de métamorphoses.

Chercher des informations sur L’Âne d’or : en quoi cette œuvre vous paraît-elle proche du Songe d’une nuit d’été ?

Cette présence animale n’est en outre pas sans lien avec une certaine vision du désir amoureux. Loin du palais athénien, l’érotisme latent qui affleure dans de nombreux jeux de mots au cours de la pièce menace sans cesse de se manifester clairement. C’est ce qu’explique Démétrius à Héléna lorsqu’il la met en garde :

« Tu mets dangereusement ta pudeur en jeu en sortant de la ville et en livrant ta personne aux mains d’un homme qui ne t’aime pas, en confiant aux opportunités de la nuit et aux sales tentations d’un lieu désert le précieux trésor de ta virginité. »

Acte II , scène 1

III – Des mots-clés pour caractériser l’œuvre

– Chassés croisés amoureux

– Les dieux, les fées et les humains

– Trois intrigues en une ; La comédie du désir

– Entre paganisme et christianisme

– Du burlesque à la comédie noire.


Vous pouvez télécharger l’intégralité de cette séquence :

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6e - sites et mieux