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Publié : 14 janvier 2016
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C comme Couleur

Couleur

Quel rôle la couleur joue-t-elle dans une œuvre ?

- Arts plastiques

C’est l’impression produite sur l’œil par la lumière réfléchie par la surface d’un objet. Il existe trois couleurs primaires qui sont des couleurs pures, c’est-à-dire impossibles à obtenir en mélangeant d’autres couleurs. Il s’agit du cyan (bleu primaire), magenta (rouge primaire) et du jaune primaire. En mélangeant ces couleurs deux par deux, on obtient les couleurs secondaires : vert (bleu+ jaune), orange (jaune+rouge), violet (bleu+rouge). À partir des primaires, on obtient toutes les couleurs. Les couleurs complémentaires correspondent à la couleur la plus éloignée de la couleur primaire (orange pour le bleu, vert pour le rouge, violet pour le jaune).
On parle de couleur locale ou de ton local lorsque la couleur employée renvoie à la couleur perçue par l’œil. Par exemple, un ciel bleu, un tronc d’arbre brun… Avec le fauvisme (début du XXe siècle), la couleur se détache de la réalité, elle ne fait plus référence à l’objet. Vive et parfois pure, elle est par exemple employée pour faire ressortir la lumière. Avec l’abstraction, la couleur gagne son autonomie. Elle devient un sujet à part entière et se libère des contraintes de la représentation figurative.
La couleur est un des éléments qui constituent l’œuvre. C’est un moyen de produire du sens (exprimer, suggérer) en fonction de l’écart ou de la ressemblance avec la réalité perçue, des effets qu’elles produisent (profondeur, contraste, vibration, chaud/froid…), de la quantité, de la touche employée…

« Un cm2 de bleu n’est pas aussi bleu qu’un m2 de bleu. » Henri MATISSE

- Musique

En musique, on parlera de couleur en analysant la rencontre entre plusieurs paramètres du son et de l’écriture :
1. les timbres (instruments, voix) et leurs assemblages dans des formations associant ou non voix, cordes, vents et percussions
2. les intensités (volume sonore)
3. les hauteurs (registres grave, medium, aigu)
4. les modes de jeu (pizzicato par exemple l’on pince les cordes d’un violon au lieu de les jouer avec l’archet, ce qui change la couleur du son)
5. le système d’écriture (modal, tonal, atonal)
6. l’écriture du thème ou de l’ensemble de l’œuvre (son caractère) : plutôt rythmique ou plutôt mélodique.

- Cinéma

Quand on présente un film, il est important de préciser si celui-ci est en noir et blanc ou en couleur. En effet, le noir et blanc est un choix, tout comme la couleur, à partir du moment où les deux procédés existent. Ainsi, Alfred Hitchcock fait le choix du noir et blanc pour son film Psychose (1960), afin de créer une atmosphère macabre, propice à son histoire sanglante.
Mais que le noir et blanc soit la seule technique disponible à l’époque du film, ou le résultat d’un choix, il importe aussi de détailler ce noir et blanc car sa palette est très variée et créatrice, elle aussi, d’univers. Le noir et blanc très contrasté de l’expressionnisme allemand des années 1930 correspond à une vision très pessimiste du monde. La gamme très riche des noirs, des gris, des blancs du Troisième homme (Carol Reed, 1949) ou de L’espion qui venait du froid (Martin Ritt, 1965) traduit un univers beaucoup plus complexe, tout en nuances, à l’image du monde.

La couleur, c’est aussi celle des costumes, couleur qui est signifiante :
les dessous de Vivien Leigh dans Psychose sont blancs dans la première scène mais noirs une fois qu’elle a volé l’argent du riche client,
Henry Fonda, dans Douze hommes en colère (Sidney Lumet, 1957) est vêtu de blanc tandis qu’il se bat pour rendre un verdict juste, au milieu de onze jurés, plus préoccupés par un match de base-ball ou leur repas du soir que par la vie ou la mort du jeune accusé.

La variation des couleurs des costumes et des décors est à observer aussi : ainsi les couleurs vives du début de Se souvenir des belles choses (Zabou Breitman, 2002) ne cessent de s’affadir au fur et à mesure que l’héroïne perd la mémoire.
Enfin, un film peut conjuguer plusieurs filtres, plusieurs couleurs, comme autant de trames narratives, comme dans Traffic de Steven Soderbergh (2000) qui entremêle trois histoires, chacune ayant sa note propre : jaune suant pour le Mexique et ses trafiquants de drogue, bleu glacial pour Washington, ses carriéristes et ses riches propriétés privées, neutre pour les policiers sur le terrain, en lutte contre la drogue.