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Publié : 26 octobre 2015
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Titre

Titre

Comment comprendre et exploiter le titre d’une œuvre ?

- Cinéma :

Le titre d’un film peut être :

1. Le nom du personnage principal : Laura de Otto Preminger (1944)

Otto PREMINGER, Laura (1944)



2. Une métaphore : Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder (1950) : le boulevard c’est cette immense ligne droite de solitude pour la star du cinéma muet qui déchoit quand naît le parlant, l’extinction d’une étoile, d’une « star »

Billy WILDER, Boulevard du crépuscule (1950)



3. Une expression ironique : Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick (1957) : les tranchées sont les sentiers de l’horreur, de l’injustice, du carriérisme.

4. Une périphrase : L’Homme qui aimait les femmes de François Truffaut (1977) est le héros de ce film fasciné par les femmes dont « les jambes sont des compas qui arpentent le globe en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie ».

5. Une illustration : L.627 de Bertrand Tavernier (1992) : la référence à l’article du code de la santé publique prohibant la consommation et le trafic de stupéfiants, ce qui est au cœur de ce film sur le quotidien d’une brigade de police.

Bertrand TAVERNIER, L.627 (1992)



6. Un néologisme : Il Vitelloni de Federico Fellini (1953) qui désigne ses personnages de jeunes oisifs est une création à partir du mot italien « vitello » qui veut dire « veau ».

- Lettres

1. De par sa forme, un titre peut être court, souvent nominalisé, ou parfois long, verbal : À l’orée du pays fertile de Jacques Lacarrière ; Celui qui n’avait jamais vu la mer de Jean-Marie Gustave Le Clézio.

2. Un titre peut nommer le personnage principal de l’histoire ; il est dit alors « éponyme » : Antigone de Jean Anouilh, qui signifie étymologiquement «  celle qui s’oppose », au théâtre.

3. Il peut représenter le personnage principal par une périphrase : Un cœur simple de Gustave Flaubert, qui désigne l’héroïne Félicité, prénom dont il faudrait se demander la raison en s’aidant du contenu de la nouvelle. Dans ce cas, il faut essayer d’en explorer toutes les significations.

4. Un titre peut être une métaphore : Le quatrième mur de Sorj Chalandon, qui désigne la limite virtuelle entre la scène et le public au théâtre.

5. Un titre peut être un néologisme ; il faut alors se demander comment il a été forgé et son rapport avec le contenu de l’histoire : Le Horla de Guy de Maupassant, nouvelle fantastique (à mettre en relation avec horsain, étranger en cauchois.

6. Un titre peut être illustratif de l’œuvre : La Ferme des Animaux de Georges Orwell, du nom du lieu où se déroule l’action et des personnages qui la font.

7. Il peut être plutôt en rupture : Le Bal d’Irène Némirovsky, qui en fait n’a pas lieu.

8. Il peut contenir une portée ironique parfois : Cannibale de Didier Daeninckx, qui reprend ainsi l’appellation péjorative et erronée que les Parisiens visitant l’Exposition coloniale de 1931 attribuent aux Kanaks, peuplade de Nouvelle-Calédonie, à qui l’on fait adopter un comportement sauvage.

9. Certaines œuvres n’ont pas de titre. Les premiers mots en font alors office.