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Publié : 23 juin 2012
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les arts du langage

TDC n°1031, Le naturalisme , Sceren, mars 2012
Influencé par le positivisme et le scientisme de Taine, admirateur de Claude Bernard et de son introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Emile Zola entend appliquer la méthode expérimentale au roman. Il veut montrer le déterminisme à l’oeuvre dans la société à travers l’observation des milieux populaires et de leur misère.Variante du réalisme, le naturalisme selon Zola a des visées politiques et sociales. Dans un siècle qui voit l’expansion du capitalisme, il s’agit de décrire les mécanismes de l’hérédité sociale dans lesquels les individus sont pris et qui les broient.
L’écrivain réunit un clan de fidèles mais ses engagements politiques finiront par le disqualifier et par mettre fin au mouvement qu’il avait initié. Avec André Antoine, le théâtre naturaliste, dont Henrik Ibsen et August Strindberg furent les plus illustres représentants en Europe, marque l’acte de naissance du théâtre moderne. En peinture comme en littérature, et plus tard au cinéma, le naturalisme se distingue du réalisme plus par les sujets abordés que par le style.
Enjeux  : Selon quels critères peut-on définir un mouvement artistique ?
Le naturalisme y répond-il ?
En quoi y a-t-il une postérité du naturalisme ?

TDC n°1037, Adolescences romanesques , Sceren, juin 2012
L’intérêt pour l’adolescence est assez récent. Il nait à la fin du XVIIIe siècle, avec le progrès de la notion d’individu et le primat de la sensibilité, notamment chez Rousseau, l’un des premiers à saisir ce moment de l’existence comme fondateur de la personnalité. Le romantisme se place dans ce sillage en installant deux des principaux topoi du thème : force vitale et frustration face au réel. Ainsi, les adolescents peuplent les oeuvres de Goethe, Musset, Chateaubriant ou Stendhal. Sans l’abandonner totalement, le réalisme aborde différemment le personnage : le roman de formation devient ici surtout le récit d’un apprentissage social, et l’adolescent y est avant tout un jeune homme ambitieux confronté à la jungle de la société.
Au détour du XXe s., l’essor de la psychologie et la naissance de la psychanalyse constituent une étape décisive. La période transitoire entre l’enfance et l’âge adulte apparait alors comme un moment clé de la construction de la psyché et de la quête d’identité du sujet, temps d’une "crise" qui ne nait plus d’un idéalisme déçu, mais d’une confrontation plus ou moins pathologique de l’individu autant avec lui-même qu’avec le monde adulte qui l’entoure.
Un dernier tournant s’opère dans les années 1960-70. Les mutations sociétales favorisent l’émergence de la jeunesse comme classe à part entière, avec sa culture propre, ses aspirations à l’autonomie et sa soif de consommation. L’adolescent n’est plus un personnage littéraire comme un autre : il devient un public , pour lequel on écrit, auquel on s’adresse, dans une relation spéculaire qui dépasse la littérature de jeunesse et s’observe au cinéma, où le teen movie connait un grand succès.

Enjeux  : Dans quel contexte les écrivains ont-ils commencé à s’intéresser à l’adolescence ?
En quoi la fiction traduit-elle le regard porté par la société d’une époque sur la jeunesse ?
Quelles images de l’adolescence sont véhiculées aujourd’hui par la littérature de jeunesse ?

TDC n°1045, Le conte, Sceren, décembre 2012.
On dit du conte qu’il est la littérature d’avant la littérature, archaïque comme le mythe avec lequel il entretient des rapports étroits. Le conte - et ses variantes (fabliaux, dits, devinettes, comptines, chansons, etc...) - transmet l’histoire collective de bouche à oreille, évoluant au gré de l’imagination du conteur. Il parle de l’intimité de chacun à travers mille et une situations connues de tous. Bien qu’il soit rétif à toute classification, on peut néanmoins dégager de grandes catégories : le conte merveilleux, philosophique, moral, fantastique, et quelques contraintes : son oralité, sa plasticité, sa dimension fictive, symbolique et atemporelle. Si le fond a une valeur universelle et exemplaire, la forme varie selon les cultures.
A l’origine oral et populaire, le conte est aussi littéraire et savant. Charles Perrault au XVIIIe siècle et les frères Grimm au XIXe siècle ont assuré le succès du genre tout en le cantonnant pour longtemps au public enfantin. Mais, grâce entre autres, aux travaux des ethnologues et des psychanalystes, le conte a reconquis son statut d’origine. Les mouvements d’éducation populaire d’après-guerre ont contribué à sa renaissance, confirmée dans les années 1970 par un nouvel essor autour d’artistes comme Bruno La Salle, Alain Le Goff ou Muriel Bloch. La multiplication des pôles nationaux, des festivals et le nombre croissant de conteurs démontrent le goût du public pour le "contage".
Enjeux  : Quelles sont les grandes thématiques et les principaux traits formels du conte ?
En quoi relève-t-il de la culture populaire ?
Quelle place et quel statut a-t-il aujourd’hui ?

TDC n° 1049, Albert Camus, SCEREN, février 2013
Disparu brutalement en 1960, Albert Camus a laissé une œuvre inachevée. Pourtant, tous ses textes - littéraires, philosophiques, journalistiques - renvoient les uns aux autres, tissant un réseau serré dans lequel se déploie une pensée qui prend sa source dans l’expérience de l’homme et dans le constat tragique de l’absurdité de l’existence (Le Mythe de Sisyphe) Sans aucun doute, sa vie éclaire son œuvre, marquée par une mère silencieuse, la figure d’un père mort en 1914, une enfance pauvre, la maladie, mais aussi par sa passion pour le soleil et la nature algérienne, le football et le théâtre. Ses relations ambiguës avec l’Algérie sont l’expression d’une incompatibilité entre le point de vue affectif et l’analyse politique. Son style même reflète le contraste entre ombre et lumière, lyrisme (Noces) et économie de moyen (L’Etranger).
La liberté et la justice étaient pour cet infatigable avocat des opprimés des valeurs cardinales à défendre. L’attribution du prix Nobel de littérature en 1957 n’a guère œuvré pour sa reconnaissance au sein d’une intelligentsia qui ne comprenait pas que l’on puisse opposer une philosophie moraliste au matérialisme dialectique dominant. Mais, avec la fin de la guerre froide, la chute du mur de Berlin et le recul des idéologies, on s’est avisé que Camus avait quelque chose à dire aux hommes du XXIe siècle, qui s’interrogent plus que jamais sur le terrorisme, le totalitarisme, les notions d’engagement, de justice et de morale.
Quels sont les grands traits de l’écriture littéraire et de la pensée philosophique de Camus et comment celles-ci s’articulent-elles ?
Dans quelle mesure son œuvre et l’histoire de sa réception illustrent-elles les grands débats du XXe siècle ?

TDC n° 1061, Le mélodrame, SCEREN, octobre 2013

Le mélodrame a connu ses heures de gloire au XIXe siècle, principalement entre la dernière décennie du siècle précédent et les années 1860. L’une de ses caractéristiques, qui se trouvait dans son étymologie (du grec melos, la musique et drama , l’action dramatique) est d’associer théâtre et accompagnement musical. au croisement de plusieurs sources, il n’est pas aisé à définir : on y a vu la décadence de la tragédie, l’influence du roman noir anglais, une évolution du drame bourgeois, des liens avec le drame romantique... Son apparition, au lendemain de la Révolution française, correspond au passage de la tragédie au drame et de la morale religieuse à la vertu laïque.
Suivant un schéma dramatique récurrent, le mélodrame met en scène le combat du bien et du mal, qui voit l’innocence reconnue et le crime châtié. Femme persécutée, mari alcoolique et violent, enfants abandonnés, traître... Les personnages sont souvent des archétypes, à caractère symbolique et porteurs de valeurs morales.
En 1823, dans l’Auberge des Adrets, le comédien Frédérick Lemaître bouscule les codes du genre en faisant du traître Robert Macaire un justicier sympathique. Dès lors, le genre tend à basculer du côté du peuple et de la critique sociopolitique. Omniprésent sur le Boulevard du Crime, le mélodrame en sera exproprié par le Baron Hausmann et ses projets d’urbanisme.
Le genre, qui avait déjà investi le roman, renaît au cinéma dès les premières années, et ne quitte plus les écrans, s’installant également à la télévision où les séries contemporaines, souvenir des feuilletons d’autrefois, reprennent souvent ses schémas et ses poncifs.

Enjeux :

Quels sont les traits caractéristiques du mélodrame et ses liens avec les autres genres dramatiques ?
En quoi est-il un enfant de la Révolution ?
Quelle a été la postérité de ce genre ?