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Publié : 26 janvier 2013
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DEUXIÈME PARTIE : PROJET PÉDAGOGIQUE ET ITINÉRAIRES DIDACTIQUES EN HISTOIRE DES ARTS

MATRICES ITINÉRAIRES DIDACTIQUES EN HISTOIRE DES ARTS

1. Pluridisciplinarité : « juxtaposition des regards spécialisés » : chaque enseignant aborde l’œuvre selon sa discipline » (Pour enseigner l’histoire des arts, Bénédicte Duvin-Parmentier)

a) Partir d’une seule œuvre, suffisamment porteuse de sens pour être exploitée dans le plus de disciplines possibles

  • Exemple : Le Cheval de Troie de Tiepolo (Peintre italien, 1727-1804), 1760, huile sur toile, 38,8 cm /66,7 cm National Gallery, Londres
    Niveau 6è : « Arts, mythes et religions »

En Histoire, le choix de ce tableau est intéressant à plus d’un titre. D’une part, il permet d’étudier la guerre de Troie, d’évoquer à la fois les poèmes épiques d’Homère, le sac de Troie et l’apogée de Mycènes. D’autre part, il donne au professeur d’Histoire l’occasion de différencier mythe et réalité historique. En effet, le tableau de Tiepolo nous montre un cheval visiblement en chair et en os, prêt à sauter de son char de bois. Or la légende nous parle d’un cheval de bois, creux, construit par le Grec Epéios. Cette ambiguïté permet de soulever le problème des preuves archéologiques nécessaires à l’historien, ou du moins des traces de la réalité du cheval de Troie, qui sont pour le moins incertaines, malgré l’existence avérée de la guerre de Troie dont nous « parle » Homère.
Le site de la BNF propose une exposition virtuelle sur la guerre de Troie. L’introduction, à écouter, explique comment « la légende remplace l’histoire ». Puis, dans la partie « Cheval de Troie », les élèves seront invités à relever toutes les traces tangibles de l’existence de ce cheval, puis pourront les comparer avec la légende.
Il est à noter que ce travail peut être transposable en 5è au travers de la « légende médiévale » abondamment illustrée sur ce site.

En français, ce travail d’Histoire des Arts est tout à fait complémentaire d’une étude d’extraits de l’Odyssée et du personnage d’Ulysse. Plus précisément, le tableau, mis en parallèle avec un extrait de l’Enéide de Virgile (Livre II, v. 232-245), peut servir de support à l’écriture d’un court épisode épique. Les champs lexicaux et quelques procédés de l’épopée auront auparavant été étudiés au travers d’extraits de combats dans l’Iliade (IV, V v. 292-303 et 446-462 ; XX, v. 490-503). On proposera aux élèves d’écrire la suite de la phrase « Pris de folie, les Troyens font entrer le cheval fabriqué par les Grecs à l’intérieur de la ville de Troie ».
En outre et au gré du professeur de français, il est possible de faire faire aux élèves de courts exposés à partir d’œuvres d’art différentes liées à la légende du cheval de Troie et principalement aux personnages qui concernent cet épisode. Voici quelques œuvres :
La naissance d’Athéna (vase grec) ; Poséidon à cheval (monnaie grecque ; site BNF) ; mort d’Hector devant les murailles de Troie (Histoire universelle, parchemin XVIe siècle) ; Epéios, le constructeur du cheval (vase grec) ; Sinon, l’espion grec (folio du Vergilius Romanus, Ve siècle) ; groupe de Laocoon aux serpents (sculpture) ; Ajax enlève Cassandre (fresque, Pompéi).

En mathématiques, ce tableau permet de travailler sur les parties du programme suivantes :
En géométrie : angles ; triangles-rectangles ; quadrilatères.
Sur du papier calque, chaque élève trace le rectangle du tableau, une des diagonales, fait apparaître les masses humaine et animale inscrites dans des rectangles. Il construira 2 angles en prolongeant les « cordes » tenues par les Grecs. Il s’agit ensuite de mesurer les angles obtenus.
Même travail sur l’agrandissement du cheval : on constate que la mesure des angles est conservée.
Autre approche possible du cheval : utilisation du tangram.
Nombres et calculs : division des décimaux ; proportions et fractions ; proportionnalité à partir des dimensions du tableau et de son agrandissement.
Pour faire un parallèle avec l’architecture, on constate que le rectangle correspond à un tracé régulateur car L/l est à peu près égal à √3.

En technologie, on peut expliquer la notion de « cheval de Troie » en informatique et en profiter pour montrer combien il est important de protéger ses données. (Validation B2i). A partir de la roue du char du tableau, le professeur introduit l’analyse d’« objet technique peu complexe ».

En arts plastiques, après avoir commenté les différents aspects du tableau de Tiepolo (rondeurs du cheval, expression du mouvement, couleurs contrastées de la foule…), il sera demandé aux élèves de prendre le contrepied de l’œuvre en proposant un cheval immobile, statique, en bois. Les élèves pourront d’abord travailler sur transparent ou sur calque pour plus de facilité. Ensuite, il sera possible de comparer les résultats à diverses représentations du cheval de bois, dans la BD notamment (Alix de Jacques Martin). Enfin, il est même possible d’élargir ce travail à l’élaboration d’un cheval sous forme de tangram. (cf. mathématiques)

En Éducation musicale, le professeur proposera un extrait du Carnaval des Animaux de Saint-Saëns : les Hémiones. On pourra reconnaître au piano le galop de ces mulets sauvages. Mais pour un travail plus original, pourquoi ne pas « mettre en sons » le tableau de Tiepolo en réalisant un enregistrement numérique des clameurs de la foule, des efforts des hommes, des crissements du char ? Cela pourrait amener la notion de « bruitage » et de « sonorisation » au cinéma, si l’on utilise aussi la Bande originale du film américain Troie de W. Peterson.

  • Exemple : Le Panthéon romain (Niveau 4è/3è) « Arts, ruptures et continuité » ou « Arts, Etat et pouvoir "

En français, il est indispensable de commencer par un travail étymologique sur la racine grecque du mot « panthéon » (théologie, apothéose, enthousiasme,…). L’étude de son champ sémantique permettra aux élèves de constater l’évolution des sens du mot, de la mythologie à nos jours, et de comprendre la relation entre le Panthéon romain et celui de Paris, entre autres...
Suivra l’étude de l’Hymne de Victor Hugo (in Chants du crépuscule) en hommage aux martyrs pour la patrie, inhumés au Panthéon : caractéristiques du genre ; emphase ; figures de style. En écho, les élèves liront le poème que Leconte de Lisle écrira à la mort de Victor Hugo, à l’occasion de ses funérailles au Panthéon (Dors, Maître,… in Derniers Poèmes). Ce sera l’occasion d’un travail d’écriture : réaliser un pastiche des 5 premiers vers en commençant par « Dors, Mère,… » (avec pour support complémentaire  La fileuse endormie de Courbet) ou bien par « Dors, Femme,… » (Femme endormie de Picasso). Les élèves pourront s’approprier ainsi le rythme caractéristique à l’hommage et travailler leur niveau de langue en s’efforçant de respecter les contraintes poétiques.
Puis, l’étude des procédés du discours sera approfondie à partir de la comparaison des discours d’Alain Decaux et de Jacques Chirac lors du transfert des cendres d’Alexandre Dumas au Panthéon (extraits). (Repérage des figures de style ; relevé des arguments ; distinction avec la narration…)
Enfin, les élèves devront eux-mêmes écrire un discours en hommage à une personne anonyme dont les actes de bravoure ou le génie justifieraient son entrée au Panthéon (Poilu, déporté, résistant, savant…) Les élèves auront pour supports un court extrait du discours d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon ainsi que le début de la vidéo de l’Ina.
Il est possible aussi d’envisager un travail argumentatif oral et/ou écrit à partir des polémiques autour de l’introduction de quelques personnes célèbres au Panthéon (Alexandre Dumas pour commencer, puis Lucie Aubrac, Albert Camus…)(articles de presse) (pour un bon niveau de 3è)
Enfin, c’est l’occasion de proposer diverses recherches sur d’autres éminentes personnalités du Panthéon, selon le niveau des élèves (Victor Schoelcher ; Jean Jaurès ; Emile Zola ; Jean-Jacques Rousseau…)

En histoire, outre un éventuel travail en parallèle avec le français en 3è autour des résistants, il est nécessaire de s’attarder sur les différentes fonctions du Panthéon selon les époques, et d’expliquer le symbole républicain qu’il est devenu aujourd’hui en décrivant son fronton notamment. Ce sera l’occasion d’élargir aux autres symboles de la République (Citoyenneté et nationalité)

En mathématiques, le Panthéon romain, dont la rotonde est un cylindre surmonté d’une demi-sphère, permet de travailler sur les parties du programme suivantes :
En géométrie : étude de solides, (cylindre, sphère), leurs représentations (perspective cavalière, développement,…), section d’un cylindre et d’une sphère par un plan.
En grandeurs et mesures : révisions sur le volume du cylindre, aire d’une sphère, volume d’une boule, effet d’une réduction (en utilisant les dimensions réelles du Panthéon romain).
Pour aller plus loin, on peut envisager la fabrication d’une maquette et prolonger le travail autour de La Géode de La Villette.

En Sciences physiques : Pierre et Marie Curie peuvent faire l’objet de recherches.Etude d’extraits des « Palmes de Monsieur Schutz » de Claude Pinoteau, 1997

En anglais, on peut envisager une approche historique (sous forme d’exposés par exemple) en rappelant que l’empereur Hadrien a laissé son nom à un mur qui séparait l’Angleterre (la « Bretagne ») de l’Écosse. Ce mur était une partie du « limes » qui marquait les frontières de l’Empire romain. Les élèves pourront compléter par des recherches sur les Panthéons dans les pays anglophones (New York…)

En arts plastiques, étude de la rupture avec la tradition architecturale des temples. Comparaison du Panthéon romain et du Panthéon de Paris ; définition du néo-classicisme ; rôle « politique » de l’architecture. « Le principal objet de M. Soufflot, en bâtissant son église, a été de réunir, sous une des plus belles formes, la légèreté de construction des édifices gothiques avec la magnificence de l’architecture grecque » (Maximilien Brébion)

En Éducation musicale, autour du Panthéon de Paris, où Berlioz est inhumé, on peut étudier la Symphonie funèbre et triomphale, ainsi que d’autres marches funèbres ou hymnes accompagnant les cérémonies (Hymne pour chant et cuivres de Gossec, sur un poème d’André Chénier)

Avantages / Inconvénients

- Facilité à mettre en place une équipe pédagogique
- Simplicité dans l’organisation et dans la concertation
- Approfondissement grâce à des éclairages divers d’une même œuvre
- Liberté d’ouverture dans certaines matières au gré du professeur
- Réelle appropriation du thème par les élèves

- Nécessité d’un consensus
- Choix d’une œuvre suffisamment riche
- Contrainte importante
- Approche réductrice de l’Histoire des Arts
- Éventuelle lassitude des élèves

Autres propositions d’œuvres assez riches pour être exploitées dans cette optique :

- Le Sarcophages des Muses
- Composition au Minotaure de Picasso
- Mosaïque de Thésée (villa romaine, Salzbourg)
- Thésée et Ariane (Maître des Cassoni Campana)
- Le retour d’Ulysse de Pinturicchio
- Le Parthénon
- La Naissance de Vénus de Botticcelli
- Statue d’Atlas (devant le Rockefeller Center à New-York - ci-dessous)
Atlas, Rockefeller Center

b) Se centrer sur un élément porteur dans un mythe à partir de supports qui varieront selon les disciplines

  • Exemple : le labyrinthe dans le mythe de Thésée et le Minotaure (Niveau 6è/5è) « Arts, espace, temps »

En Français : Lecture : après étude de la légende de Thésée, Ariane et le Minotaure, comparaison de différents labyrinthes au travers d’un groupement de textes, qui donneront lieu d’abord à une observation des champs lexicaux et des compléments de lieu pour approcher la description :
- Le rôle de la forêt dans les contes (Le petit Poucet parallèlement à la Fugue du petit Poucet dans la forêt de Rambouillet de Michel Tournier)
- Extraits de Tobie Lolness de Timothée de Fombelle en parallèle avec Forêt Racine Labyrinthe d’Italo Calvino
- Application au monde urbain : Marcovaldo au supermarché et Le Jardin des chats obstinés d’Italo Calvino (in Marcovaldo)
Écriture : A partir du plan des « Terres Sauvages » de Bilbo le Hobbit de Tolkien, écrire le parcours d’un héros dans un labyrinthe, en réinvestissant les notions acquises.
Le même type de travaux est envisageable autour de la forêt de Brocéliande en classe de 5è.

En Histoire : plans de grandes cités antiques (Cnossos ; Mycènes ; Cité interdite à Pékin) (6è)
Le rôle du labyrinthe dans les cathédrales (ex : Chartres). Centre historique de villes médiévales. (5è)

En Mathématiques : à partir de la mosaïque du mythe de Thésée (Villa romaine près de Salzbourg - ci-dessous)
Mosaïque de Loigersfelder (villa romaine près de Salzbourg)
En géométrie, il est possible de travailler sur les polygones, (triangles, quadrilatères), sur les symétries axiales et centrales. On peut aussi travailler sur la construction de cercles concentriques, de courbes de Peano (flocon de Von Koch).
En nombres et calculs, on peut fabriquer des graphiques en araignée, des tableaux labyrinthiques (avec tables de multiplication, fractions, nombres relatifs) : « Pour chaque case, la bonne réponse désigne la case à emprunter pour passer d’une case à l’autre. Où est la sortie ? Quel chemin emprunter pour l’atteindre ? »
On peut également fabriquer un jeu de l’Oie avec des consignes liées à la partie du programme étudiée.

En Sciences et Vie de la Terre : Labyrinthes végétaux : comparer les jardins à l’anglaise et à la française. (Châteaux de Versailles, Vaux-Le-Vicomte ou abbaye de Saint-Martin de Boscherville / Sheffield Park ou Wilton House ….). Utilisation du végétal dans l’art : topiaire ; land art.

En Arts plastiques : Œuvres de Vasarely (art cinétique), d’Escher (problème de point de fuite, de perspective et de point de vue)
Les labyrinthes au cinéma : du divertissement à l’aliénation, voire à l’oppression : Le Palais des Glaces (Le Cirque de Chaplin) ; la bibliothèque (Le Nom de la Rose de J.J. Annaud) ; la poursuite dans les glaces (Shining de Kubrick) ; les bureaux (Playtime de Tati)

En Éducation musicale : musiques avec des séquences répétitives (Boléro de Ravel) ; Fugues de Bach ; labyrinthe maçonnique dans La Flûte enchantée de Mozart…

  • Exemple : la lune dans le mythe d’Artémis/Diane ou Sémélé (5è/4è/3è) « Arts, créations, cultures »

En Français : en 5è : faire une recherche liée à la lune : croyances ; superstitions ; traditions (sorcellerie, fécondité, agriculture, rythmes naturels…) ; distinguer Artémis et Hécate. Parallèlement au cours d’histoire, on peut étudier l’hommage de Du Bellay à Diane de Poitiers (Les Regrets, CLIX)
En 4è (bon niveau) : Définir et distinguer science-fiction et science (extrait de Les Robots de Françoise Rachmülh) ; la science-fiction chez Jules Verne (extrait(s) de De la Terre à la Lune) ; la réalité avec approche de l’argumentation (extrait de Spirale de Anne Philippe et fable Un animal dans la lune de La Fontaine)
En 4è, il est aussi possible de montrer le rôle de la lune dans la littérature fantastique à partir de la nouvelle intégrale La chose dans la clarté lunaire de Lovecraft, sans oublier les légendes liées aux loups-garous (extrait de Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de J. K. Rowling)
En 4è/3è, étude de poèmes lyriques : Musset (Ballade à la lune, mise en musique par Georges Brassens) ; Verlaine (La lune blanche ; Clair de lune)...

En Histoire : en 5è, étude des représentations cryptées de Diane de Poitiers et Henri II (Tapisserie Diane implore de Jupiter le don de chasteté, ou tableau Le Bain de Diane de Clouet, Musée des Beaux-arts de Rouen).

En Mathématiques : à partir de la Gravure sur bois « Mesure des angles » (Allemagne vers 1530)

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Mesure des angles (gravure allemande)


En observant la gravure, on comprend que les hommes ont toujours cherché à affiner leurs connaissances sur les distances entre les planètes, en particulier terre-lune. (usage du compas ; du sextant ; astrolabe ; …).
La lune permet de travailler sur les parties du programme suivantes : en nombre et calculs (puissances d’exposant entier relatif) ; en organisation de gestion de données (quatrième proportionnelle)
Par exemple, en 4è, on peut faire une étude du système solaire et le représenter à une échelle donnée : étudier le diamètre en kilomètres, la distance en kilomètres entre le soleil et différentes planètes ; faire rechercher la durée de la révolution du soleil pour une dizaine de planètes, dont la lune et la terre. Les mesures réelles sont données sous la forme a10n. L’unité de diamètre peut être celui de la lune ; il s’agit alors de donner les diamètres des planètes en « lunes ». La représentation peut se faire sous forme de maquette.
On peut envisager une recherche sur le nombre d’or des astronomes : le meton (Tous les 19 ans, les phases de la lune reviennent aux mêmes dates. Cette période est appelée le cycle de Meton)
En 5è, on peut calculer la somme des angles d’un triangle…
En 3è, on peut entreprendre de calculer le volume d’une boule, de faire de la trigonométrie, de travailler sur les angles inscrits dans un cercle…

En Technologie : Recherche sur la conquête spatiale : les premiers pas de l’homme sur la lune. Voir tableau des « innovations » de Jules Verne (in Jules Verne et les sciences, 100 ans après (pages 142-143 ; éditions Belin Pour la science)

En Arts plastiques : étude des représentations de la lune de l’image fixe à l’image mobile (Photos de Culler ; cinéma de Méliès ; mobiles de Calder). Réalisations cartographique, anthropomorphique puis symbolique de la lune.
L’ombre et la lumière en peinture (la « clarté lunaire » chez les peintres « romantiques » de la fin du XVIIIe siècle au XIXe siècle : Turner ; Friedrich ; Wright…)

En Éducation musicale : Comparer les approches du thème de la lune chez Beethoven, Debussy et Offenbach : forme, intention et symbolique. En chanson : Léo Ferré ; Higelin ; Indochine ; Thomas Fersen…

Avantages / Inconvénients

- Simplicité dans l’organisation et dans la concertation
- Diversité des supports : indépendance des professeurs
- Facilité d’intégration dans les programmes, à différents niveaux
- Liberté d’ouverture dans certaines matières au gré du professeur
- Réelle ouverture du mythe sur de nombreuses disciplines

- Choisir un élément du mythe suffisamment porteur
- Risque d’éparpillement au niveau chronologique
- Approche réductrice du mythe originel

Autres propositions de thèmes porteurs liés aux mythes dans cette optique :

-  l’or (légende de Midas)
- l’eau (dieu de la mer Poséidon)
- l’air, le vent (dieu Eole)
- le soleil (dieu Apollon)
- la force (Hercule et ses douze travaux)
- la navigation (Ulysse)
-  le miroir (Narcisse)
-  la métamorphose, la notion d’échelle (mythes racontés par Ovide)


Métamorphose de Hyacinthe, vitraux de Cocteau, Metz

2. Interdisciplinarité : « un dialogue et des échanges entre les disciplines » (Pour enseigner l’histoire des arts, Bénédicte Duvin-Parmentier)

a) Partir d’un mythe à multiples facettes pour en exploiter tous les aspects à travers des supports variés

  • Exemple : Le mythe d’Orphée (niveau 6è/5è) « Arts, créations, cultures »

Le mythe d’Orphée est très représenté dans les arts en général et offre de multiples possibilités d’études complémentaires : le bestiaire ; la musique et la poésie ; l’amour et la mort irréversible ; les enfers…

Orphée et Eurydice, enluminure

En Français : Tout d’abord, on peut présenter les différentes facettes du mythe au travers de supports iconographiques variés : les élèves raconteront ce qu’ils voient et reconstitueront ainsi le personnage d’Orphée ainsi que la trame du mythe. Voici les œuvres, dans l’ordre chronologique de la légende :
Mosaïque d’Orphée à la lyre entouré d’animaux ; tableau de Corot ; statue de Leboeuf ; tableau de Restout (à comparer avec une enluminure pour différencier les représentations païenne et chrétienne des enfers) ; tableau de Drölling ; tableau de Scheffer ; vase à figures rouges ; relief en marbre ; tableau de Moreau.
Dans un deuxième temps, le Bestiaire d’Apollinaire (ou Cortège d’Orphée) peut servir de point de départ à un travail de lecture et d’écriture poétique par groupes : après étude des règles de la versification, les élèves, par groupes, pourront à leur tour réaliser un abécédaire à partir de noms d’animaux, qu’ils illustreront. On peut aussi travailler la lecture à voix haute (à plusieurs voix) à partir de fables de La Fontaine. De nombreux poèmes en prose existent aussi sur les animaux chez Prévert (Des Bêtes, Fatras, Contes pour enfants pas sages… La récitation, elle aussi, peut être envisagée à plusieurs voix.
En 5è, on peut imaginer mettre en scène la version théâtralisée du Roman de Renart (École des Loisirs).

En Histoire : On peut se fonder sur les nombreuses mosaïques romaines d’Orphée entouré d’animaux pour mesurer l’étendue de l’empire romain : Palerme en Sicile, Tarsus en Turquie, Leptis Magna en Lybie, Volubilis au Maroc…
Sinon, l’aspect du mythe à privilégier est le bestiaire. A partir d’extraits de l’œuvre de Michel Pastoureau (Les Animaux célèbres, L’Ours), il est possible de montrer le rôle de certains animaux dans l’histoire (le cochon, l’âne, l’ours, le loup…) et de faire de parallèle avec le roman de Renart ou les fables de La Fontaine. Un autre type de travail peut être envisagé autour de la symbolique dans l’héraldique.

En Mathématiques : on peut travailler sur les parties du programme suivantes :
Nombres et calculs : fractions sur une portée musicale ; recherche sur Archimède et sa fraction 22/7 dont on peut chercher une valeur approchée.
Géométrie : construction avec règle et compas de triangles et quadrilatères pour réaliser un tangram. A partir du tangram ainsi réalisé, fabriquer des animaux. On peut aussi utiliser la technique de l’origami. D’autre part, il est possible aussi de construire des constellations (Lion ; Dragon ; Cygne ; Baleine).
Grandeurs et mesures : Sur les animaux fabriqués avec le tangram, on peut calculer des périmètres, mesurer des angles, calculer des aires, et travailler sur des échelles. Les élèves pourront ainsi exposer un bestiaire « mathématique ».

En Sciences et Vie de la Terre : Il sera toujours profitable de visiter le Muséum d’Histoire Naturelle le plus proche.Des comparaisons pourront être faites avec certaines représentations animalières (ex : Le Rhinocéros de Dürer… et le catalogue de l’exposition « Beauté animale » en 2012 au Grand Palais)

En Éducation musicale : on peut à la fois exploiter le thème du bestiaire à travers les morceaux du Carnaval des Animaux de Saint-Saëns et envisager une comparaison d’extraits d’Orphée et Eurydice de Gluck, d’Offenbach et de Philip Glass.

En Arts Plastiques : en parallèle avec le cours de français, on peut aborder les illustrations du Bestiaire d’Apollinaire par Raoul Dufy, les Fables de La Fontaine par Chagall, Gustave Doré et Grandville. On présentera ainsi aux élèves la technique de la gravure. Il est aussi possible d’envisager une série de travaux autour d’un même animal. Dans l’optique d’un spectacle, les élèves pourront réaliser des masques d’animaux.

En Éducation Physique et sportive : les élèves pourront travailler l’expression corporelle pour rendre au mieux la démarche des animaux, puis éventuellement réaliser une chorégraphie sur la musique de Saint-Saëns.

  • Exemple : Le mythe d’Héphaïstos ou Vulcain (niveau 4è) « Arts, techniques et expression »
    La forge de Vulcain, Velasquez

Le mythe de Vulcain offre peu de représentations iconographiques, et lorsque ce dieu est représenté en peinture, il est souvent dans l’ombre. Mais ses applications sont nombreuses et peuvent facilement varier d’une discipline à l’autre : vulcanologie ; forge et travail des métaux ; maîtrise du feu par l’artisan ; monde souterrain de la mine ; laideur et beauté (sa femme était Vénus/Aphrodite, la plus belle des déesses mariée au plus laid des dieux !) ; rejet de l’Olympe…

En Français : pour introduire le personnage de Vulcain, on peut avantageusement partir du tableau de Vélasquez qui représente la forge de Vulcain au moment où Apollon l’informe de l’adultère de sa femme Vénus avec le dieu Mars. De nombreuses thématiques du mythe sont ainsi représentées : l’ombre et la lumière, les outils du forgeron et ses créations, le dieu boiteux trompé par son épouse….
Puis, on peut privilégier la thématique du monde souterrain en proposant aux élèves des passages de Germinal de Zola, en parallèle avec des extraits du film de Claude Berri. « L’appétit » du « Voreux » est déjà suggéré lors de l’arrivée de Lantier à la mine pour chercher un emploi. La descente des mineurs tout équipés ainsi que l’effondrement des puits sont des extraits à retenir.

En Histoire : la partie du programme concernée est celle de l’âge industriel, avec les mines, mais aussi les fonderies (type Le Creusot ou Godin à Guise). Si une visite sur place n’est pas pratique, il est possible de travailler à partir des documents et questionnaires mis en ligne sur les sites concernés. Des élèves peuvent constituer un dossier sur l’historique du poêle Godin, toujours fabriqué de nos jours. Le site du Centre historique minier de Lewarde offre de nombreuses pistes pédagogiques également.

En Sciences physiques : c’est en chimie que l’on trouvera des applications directement liées aux programmes : combustion ; modèles des trois états physiques ; transformation chimique. Les propriétés respectives de la fonte et de l’acier ; leur utilisation dans l’art (Bouches de métro parisien de Guimard)

En Sciences et Vie de la Terre : géologie : le processus de fossilisation ; l’activité interne du globe terrestre (séismes et volcanisme) pourront illustrer de manière scientifique les croyances des Anciens.

En Mathématiques : trois pistes sont possibles à partir …
- Du tableau de Vélasquez : travail sur le théorème de Pythagore à partir des dimensions du tableau (222/290)
- Des corps platoniciens : étude du tétraèdre représentant le feu (patron ; volume)
- Du temple d’Héphaïstos à Athènes : proportionnalités (calculs d’échelles ; changement d’unités)

En Arts plastiques : présentation de l’Atelier de la Compagnie Royal de Luxe où se côtoient ingénieurs, techniciens, chaudronniers, soudeurs, sculpteurs et menuisiers pour fabriquer des « machines » à structure métalliques. Fabrication collective d’une « machine » sur le thème de la mine, de type animal (monstre-excavatrice à la mâchoire dévorante…)
L’utilisation du métal en art nouveau puis en art déco.

En Éducation musicale : Entre la marteau et l’enclume de Yvan Dautin pour la thématique de la forge ; Danse du Feu de Manuel de Falla pour la thématique du feu, éventuellement en relation avec l’Education Physique et Sportive (danse)

Avantages / Inconvénients

- Facilité d’intégration dans les programmes selon l’aspect du mythe choisi
- Réelle complémentarité tout en laissant une liberté pédagogique à chaque discipline
- Réelle ouverture du mythe sur de nombreuses disciplines

- Risque d’éparpillement
- Perte de la vision d’ensemble du mythe
- Peu de mythes offrant autant de pistes dans autant de disciplines

Autres propositions de mythes à multiples facettes dans cette optique :

- Apollon (soleil, muses, musique, beauté, divination, archer, lauriers…)
- Ulysse (voyage, navigation, île, découvertes, étranger, monstre, oubli, retour…)
- Dédale et Icare (invention, architecture, labyrinthe, orgueil, chute, conflit de générations, envol de la jeunesse…)
- Zeus/Jupiter (foudre, justice, amours, métamorphoses, Olympe…)
- Hermès/Mercure (ingéniosité, ruse, invention (lyre, flûte de Pan), mobilité, messager, voyage, commerce, …)...
L'assemblée des dieux, Nocret
L’assemblée des dieux, Nocret

b) Partir d’un mythe comme source d’un genre littéraire

  • Exemple : Le genre théâtral à travers le personnage d’Antigone (mythe d’Œdipe) (Niveau 3è) « Arts, États et pouvoir » ou « Arts, rupture et continuité »

En Français : pour aborder le théâtre selon une perspective historique, il serait bon de faire faire quelques brefs exposés aux élèves sur les origines du genre (leur passage à l’oral ne peut être qu’un entrainement à l’épreuve anticipée d’Histoire des Arts !) : les Dionysies, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Plaute chez les Romains, l’architecture des théâtres grecs et romains. Le professeur complètera par une étude étymologique des mots issus du grec (étymologie de « tragédie » et « comédie »), en particulier de la racine agôn (assemblée où l’on se réunit pour assister aux jeux, aux concours) : agonie, protagoniste, antagoniste… Antigone. Ce personnage à lui seul représente le dialogue théâtral, l’opposition, la résistance face à Créon, « celui qui juge ».
Ensuite, on peut commencer l’étude de la tragédie de Jean Anouilh par un extrait de La Machine infernale de Cocteau (« La Voix »…) pour présenter le mythe d’Œdipe. Ses descendants et la malédiction qui pèse sur eux (les «  Labdacides ») sont présentés dans le prologue d’Antigone de Jean Anouilh, qui permettra de définir la notion de tragédie. (« Le malheur est en marche », comme le disait Sophocle).
Puis on peut proposer une étude comparée d’un extrait de l’Antigone d’Anouilh et de celle de Sophocle, pour mettre en valeur les différences de forme et de fond (ex : présence du Coryphée ; allusions aux dieux dans l’antiquité) : le face à face entre Créon et sa nièce, quand l’un doit obéir à la raison et l’autre à son cœur. Dilemme tragique par excellence, qui permet d’aborder l’argumentation et la problématique de la solitude du pouvoir, entre autres.
Enfin, outre l’étude plus « classique » d’autres scènes où Antigone se retrouve confrontée à sa nourrice, à Ismène, et à Hémon, on peut prolonger le travail par la lecture (cursive) de Œdipe Roi de Didier Lamaison, roman noir tragique et policier qui fait d’Œdipe le premier détective de l’Histoire.

En Histoire : cette pièce a été créée en février 1944, à Paris, au Théâtre de l’Atelier, donc en pleine occupation. D’une part, les autorités allemandes n’avaient pas interdit toute activité théâtrale, pour faire comme si la vie continuait normalement. D’autre part, les théâtres étaient souvent pour les Parisiens un lieu de refuge (ils étaient passablement chauffés), de convivialité et d’évasion. Dans le cas d’Antigone, les Français ont tout de suite vu dans l’héroïne une résistante face à l’oppression, d’où le succès de cette tragédie. En ce qui concerne les conditions de représentation théâtrale, le professeur peut s’appuyer sur l’interview de Jean Davy (dans le rôle de Créon)(École des Lettres). On peut aussi se pencher sur le problème du marché noir au travers d’affiches de l’époque : on n’hésitait pas, parfois, à échanger une place de théâtre contre des tickets de rationnement !
Théâtre grec Vitruve
Théâtre grec Vitruve

En Mathématiques : étude du lieu théâtral : à partir du texte de Vitruve (De la forme à donner au théâtre in De architectura, chapitre VI, Livre V), on fait repérer aux élèves les termes mathématiques. On leur demande de donner un programme de construction pour le théâtre grec. On peut alors travailler sur les parties du programme suivantes : polygones réguliers ; angles au centre et angles inscrits ; triangle inscrit dans un demi-cercle (4è) ; théorème de Thalès (4è) ; calculs dans le triangle-rectangle (4è-3è). Il sera possible de compléter par une recherche sur Vitruve, sur «  l’Homme de Vitruve » de Léonard de Vinci et le nombre d’or ainsi que sur Pythagore et l’acoustique.

En Sciences Physiques : rappels du programme de 4è : propagation du son : acoustique au théâtre d’Epidaure.

En Arts plastiques : recherches sur les masques du théâtre antique et création avec différents matériaux. Étude de différentes scénographies d’Antigone et création de maquettes (exemples : mise en scène d’André Barsacq au Théâtre de l’Atelier en 1944 ; celle de Otamar Krejca à la Comédie Française en 1992 ; celle de Nicolas Briancon en 2003). Dans l’optique d’une représentation théâtrale, étude des costumes.

En Éducation musicale : mise en regard d’extraits de l’opéra-oratorio Oedipus Rex de Stravinski (1927) et de l’opéra Œdipe le tyran de Carl Orff (1959), d’après la tragédie de Sophocle. Réflexion autour de Carl Orff et de son rapport au nazisme.

Avantages / Inconvénients

- Facilité d’intégration dans les programmes de français ; étude d’extraits ciblés
- Approche concrète de l’histoire littéraire
- Richesse de l’étude comparée
- L’Antigone d’Anouilh est une héroïne souvent appréciée par les adolescents

- Tragédie au programme de 3è uniquement ; difficulté des œuvres
- En 3è, le programme d’Histoire repose sur le XXe siècle
- Pré-requis historiques importants ; approche laborieuse pour certains élèves
- Approche possible pour le genre théâtral, moins accessible pour le roman ou la poésie
- C’est très chronophage
- Peu d’œuvres comme Antigone permettent une ouverture sur des disciplines variées ; l’identification est nettement moins aisée dans d’autres tragédies
 

Autres propositions d’études théâtrales liées aux mythes ou à l’antiquité dans cette optique :

- Andromaque de Racine (extraits) // la Guerre de Troie
- Phèdre de Racine (extraits) // Mythe de Thésée
- Le Cid ; Horace de Corneille (extraits)// Les Horace et les Curiace
- Britannicus de Racine (extraits) // empereurs Claude et Néron
- Cinna de Corneille (extraits)// empereur Auguste
- La Machine infernale de Cocteau (extraits) // mythe d’Oedipe
- Amphitryon 38 de Giraudoux// Hercule
- La guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux // la Guerre de Troie
- Électre de Giraudoux // malédiction des Atrides (Agamemnon, Clytemnestre…)
- L’Avare de Molière // Aulularia de Plaute...


Andromaque

N.B. : Le genre du conte peut être introduit par la légende d’Éros et Psyché, à mettre en parallèle par exemple avec Vassilissa la très belle ou Peau d’Ane en 6è.

c) Partir d’un mythe comme source du héros

  • Exemple : Bellérophon contre la Chimère (niveau 5è) « Arts, rupture et continuité »

En Français : il est possible d’envisager l’étude de ce héros en faisant plusieurs parallèles : tout d’abord avec les légendes chrétiennes des héros pourfendeurs de monstres : saint-Romain et la Gargouille, Saint-Georges, Saint-Michel et le dragon, Sainte-Marthe et la Tarasque, Saint-Germain contre l’Hydre. (Comparaison entre la mosaïque d’Autun et les sculptures religieuses des saints ou certains vitraux). Ensuite, on peut faire le lien avec les chevaliers de la légende arthurienne (Yvain, Tristan…) et travailler les champs lexicaux du combat médiéval dans un but d’écriture. Enfin, on peut aborder la parodie du chevalier à travers le personnage de Don Quichotte face aux moulins, en expliquant aux élèves le sens dérivé du mot « chimère ».
Par groupes, les élèves pourront faire de brefs exposés sur les « super-héros » modernes en observant leurs caractéristiques communes. (Tarzan, Batman…)

En Histoire : il est intéressant, si possible, de tirer parti de l’histoire locale de la ville médiévale la plus proche. Dans le cas de Rouen, en Normandie, Saint-Romain terrassant la gargouille est une représentation légendaire de l’assèchement du marais du quartier Saint-Gervais et symbolique de la chrétienté vainquant le mal.
L’évêque Saint-Romain est devenu le patron de la ville et de cette légende naîtra la tradition de la Foire Saint-Romain, d’abord commerciale et internationale, devenue fête foraine aujourd’hui. Les vitraux de la cathédrale de Rouen représentent cette légende dont on trouve aussi la trace dans les ruelles du centre.
Constellation de Pégase
Constellation de Pégase

En Mathématiques : ce mythe permet de travailler sur les parties du programme suivantes :
Nombres et calculs : on peut faire construire la constellation de Pégase avec un programme de construction en utilisant les écritures littérales (on remplace les lettres par des nombres relatifs, fractionnaires et des mesures d’angles)
Géométrie : on peut revoir la symétrie axiale et découvrir la symétrie centrale dans les vitraux des cathédrales.
Organisation et gestion de données : on peut représenter un animal (lion ou chèvre) dans un quadrillage et en le déformant avec des courbes ou un réseau de cercles concentriques (selon le principe de l’anamorphose), on obtient un « monstre ».
anamorphose cylindrique
anamorphose cylindrique

En Arts plastiques : les élèves pourront nourrir leur imaginaire des gargouilles, dragons et autres monstres en architecture. Parallèlement seront évoqués les êtres monstrueux peints par Bosch dans le Jugement Dernier ; ainsi les élèves réaliseront un monstre à partir de trois éléments différents au moins, comme la Chimère.
Gargouille Notre-Dame de Paris
Gargouille Notre-Dame de Paris

En ce qui concerne la chevalerie, on peut proposer aux élèves les représentations des Don Quichotte de Daumier, Picasso, Dali… Les élèves réaliseront un chevalier « à la triste figure » à base de fil de fer.

En Éducation musicale : écoute d’extraits de Bellérophon, 7è tragédie lyrique de Lully et de Thomas Corneille, mis en parallèle avec Le Persée et le Phaéton. La victoire finale de Bellérophon fait écho au triomphe militaire de Louis XIV, imposant sa paix à l’Espagne et à la Hollande et devenant le maître et l’arbitre de l’Europe.

Avantages / Inconvénients

- Facilité d’intégration dans les programmes de français et d’histoire
- Réelle déclinaison de la notion de héros à travers les époques
- Richesse littéraire et iconographique

- Difficultés à traiter ce thème en sciences naturelles et expérimentales.
- Nécessité de limiter le champ littéraire et artistique en faisant des choix.

Autres propositions de héros mythologiques dans cette optique :

- Persée (Qui tua la Gorgone et épousa Andromède)
- Hercule (L’Hydre de Lerne ; le dragon Ladon ; Le Cerbère…)
- Thésée (le Minotaure)
- Jason (le dragon gardien de la Toison d’or)
- Cadmos (le dragon)
- Ulysse (le Cyclope,…)

3. Transdisciplinarité : « Elle relie les disciplines, sans obligation, de manière à atteindre le même objectif, à travers des activités très variées » (Pour enseigner l’histoire des arts, Bénédicte Duvin-Parmentier)

a) Prendre le mythe comme prétexte pour étudier un thème de société :

  • Exemple : Thésée et le Minotaure  (ou Hercule et le taureau de Crète) : l’homme face au taureau (Niveau 3è) « Arts, Ruptures et continuité »

Au-delà de ce mythe qui perdure au travers des époques et des civilisations, qui met en scène l’homme et l’animalité (on pourrait presque dire la culture et la nature, si l’on s’adressait à un public de lycéens), on peut évoquer divers aspects de la société contemporaine, et en particulier en cours de français le thème de la corrida, qui suscite régulièrement les faveurs des médias et ne saurait laisser les élèves indifférents.

En Français : Pour amener le thème et comprendre les différentes représentations du taureau selon les époques et les civilisations, on pourra commencer par une lecture d’images. Oralement, les élèves décriront puis interpréteront, ce qui permettra d’envisager les connotations diverses du taureau. Ils formuleront des phrases comprenant un C.C But, définissant ainsi le rôle du taureau par rapport à l’homme, le but dans lequel l’animal est « utilisé ». (Grotte de Lascaux ; vase grec ; fresque du palais de Cnossos ; rhyton à tête de taureau ; peintures de Goya, Picasso et Bacon…)


Francis Bacon, Corrida 1969

Dans un deuxième temps, à partir d’une photo de corrida mettant en scène le torero face à la bête, les élèves écriront un texte de dix lignes environ pour décrire et surtout donner ses impressions sur la scène. Après lectures, la classe pourra constater la diversité des points de vue évoqués et ainsi seront définis les enjeux de l’argumentation.
Dans un troisième temps, après lecture d’un texte documentaire sur la corrida, et d’un extrait de Mort dans l’après-midi de Hemingway, après repérage du vocabulaire mélioratif et péjoratif, (Manuel Magnard 2003), les élèves chercheront des arguments pour et contre la corrida.
Enfin, ce thème pourra faire l’objet d’un débat oral ou bien être le support de l’apprentissage de la rédaction du paragraphe argumentatif, dans le cadre d’une séquence sur l’argumentation. Le fait d’avoir inscrit la corrida au patrimoine culturel français peut être un point de départ à l’argumentation.
Il est possible d’accompagner ce travail par une lecture cursive de la nouvelle L’invincible de Ernest Hemingway.

En Histoire et Espagnol : dans le cadre de l’étude des régimes totalitaires dans les années 30, on peut replacer le tableau Guernica de Picasso dans son contexte historique et évoquer les différentes interprétations possibles de la figure du taureau.

En Arts plastiques : en architecture, on peut étudier les arènes en France et en Espagne. Mais il est aussi possible de montrer aux élèves comment une œuvre picturale peut être autobiographique, en s’appuyant les Minotaures et autres représentations de l’Espagne de Picasso.

En Mathématiques : Hercule domptant le taureau de l’île de Crète : étude à la plume par Géricault (1791-1824 ; Musée du Louvre)
Hercule domptant le taureau de Crète, Géricault, vers 1800
Hercule domptant le taureau de Crète, Géricault, vers 1800

Recherche de tracés régulateurs dans l’étude d’une œuvre (cf. « Géométrie et architecture », dans la partie « Sciences et arts »). On remarque que Hercule et le taureau (dont seules deux pattes dépassent) sont contenus dans un disque. On cherche le centre du cercle en traçant deux cordes et leurs médiatrices. Les attitudes et mouvements s’expliquent par quelques côtés de pentagones, décagones et rayons. On pourra alors se référer aux parties du programme suivantes :
Grandeurs et mesures : périmètre et aire de polygones
.
Géométrie : angles inscrits et angles au centre, polygones inscrits dans un cercle, par exemple.

En Éducation musicale  : après une étude préalable en français, toujours dans le cadre de l’argumentation, on pourra proposer aux élèves la chanson de Jacques Brel Les Toros.

En Éducation physique et sportive : chorégraphier une corrida en décomposant les mouvements sur une musique au rythme lent, avec de brusques accélérations sur des airs typiques espagnols.

  • Exemple : Les supplices éternels : la peine de mort (Niveau 4è) « Arts, États et pouvoir »

En Français : Après une brève évocation des supplices éternels réservés aux criminels enfermés au Tartare, (Sisyphe ; Danaïdes ; Ixion ; Tantale), en travaillant sur l’expression de la cause en grammaire, on peut faire réfléchir les élèves sur la notion de durée d’une peine, et sur le caractère irrémédiable et instantané de la peine de mort. La planche de BD Idées noires de Franquin aidera les élèves à trouver des arguments contre la peine de mort, eux qui sont facilement enclin à la défendre.


Sysiphe, dessin de press­e

Puis s’ensuivra une séquence sur Claude Gueux de Victor Hugo : après avoir étudié un article de presse évoquant le véritable Claude Gueux (De Clairvaux au plaidoyer de Hugo, in L’Aube nouvelle, 2002, cité dans le manuel Fleurs d’encre, Hachette 2008), on examinera le procédé choisi par Hugo pour écrire à partir de ce fait divers (la fable), et les raisons de ce choix. Une étude du champ lexical de la justice, associé à la manipulation de l’expression de la cause au cours d’un exercice oral intitulé «  le meurtre », permettront aux élèves de travailler sur la construction du paragraphe argumentatif puis de rédiger un plaidoyer en faveur de Claude Gueux.
Les élèves les plus chevronnés et intéressés par le sujet pourront lire L’Exécution de Robert Badinter ou Le Pull-over rouge de Gilles Perrault en lecture cursive.

En Histoire : Dans le cadre de l’étude de la Révolution et de la Terreur, les élèves feront une recherche sur Monsieur Guillotin et son invention considérée comme un progrès à l’époque en parallèle avec l’étude du poème « L’échafaud » de Victor Hugo en français (début).
En éducation civique, outre l’étude de la justice en France, on pourra s’interroger sur les différentes méthodes de peine capitale dans le monde.

En Éducation musicale : étude de la musique du film Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (Miles Davis) ; ou bien, selon les professeurs : Requiem de Mozart ou Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski.

En Arts plastiques : la représentation de la mort dans la peinture (La Faucheuse ; les Vanités ; les Piéta). Le Radeau de la Méduse de Géricault.

Avantages / Inconvénients

- Facilité d’intégration dans les programmes
 
- Réel ancrage dans la vie quotidienne, dans l’actualité
- Approche de problématiques stimulantes et susceptibles d’éveiller le sens critique des élèves
- Richesse journalistique, littéraire et iconographique
- Beaucoup de mythes exploitables

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    - Facilité d’intégration dans les programmes de français et d’his6 Minots, linaison de l quotidienne, dans l’actualité Persée (Qui tuaLeisj thème p;Ssemeene (&nbiennualux"squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de MolLe)ex- Appt rep(&nbiennualux"squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Mol Leu es rs 1sm(&nbiennualux"squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de MolLe)< lee avec un se(&nbiennde mon"squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de MolLe)<4nts au moins( peu L’Avare de MolLe)<7 muxp;cture auong>Enn cette>squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Mol La, on peesque acts , oe le tarties du prlense l’ette opti e de lNikr#187;.s> de 3. se quelettes-Hercule domptament_447 spip_documents sp54_documents_center'> Hercule domptant le >En/g>En/g>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>49. « Géotant le PRÉAMBULEmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>48. « Géotant le SOMMAIREmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>54. « Géotant le CARTES HEURISTIQUESmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>47. « Géotant le INTRODUCTIONmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>cf. « Géotant le PREMIÈRE PARTIEe de lMYTHES, SCIENCES ET PÉDAGOGIEmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>53. « Géotant le TROISIÈME PARTIEe de lANNEXES PRATIQUESmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>56. « Géotant le CONCLUSIONmg src="squag>Entes-dist/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> L’Avare de Micle151" class='spip_in'>c0. « Géotant le BIBLIOGRAPHIEmg src="squag>uel

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